« Après la mention d’Allah et la prière et le salut sur le Messager d’Allah on a dit : Voici des conseils pour tous ceux qui recherchent des conseils pour eux-mêmes, et le conseil de Son Seigneur est défini par la parole du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui dit : « La religion, c’est le bon conseil ». Ils dirent : « Vis-à-vis de qui, Ô Messager d’Allah ? » Il dit : « Pour Allah, son Messager, envers Son Livre, pour l’ensemble des croyants comme pour l’élite ».

Ainsi, le premier d’entre eux, c’est la crainte d’Allah en dehors de qui il n’y a point de divinité autre que Lui tel qu’Ali (qu’Allah l’agrée) a conseillé ses enfants, quand il leur dit : « Ô mes fils, je vous exhorte à la crainte d’Allah l’Immense, en secret et en public, de parler honnêtement dans l’agrément comme dans la colère, d’être juste envers l’ami comme envers l’ennemi, et d’être modéré dans la richesse comme dans la pauvreté ».

Ensuite, il faut se réfugier auprès d’Allah et s’en remettre à Lui face à l’étreinte de toute situation affligeante, et attacher le cœur à Lui (qu’Il soit Exalté) autant que le permet la station à laquelle on est liée. Il faut une réserve respectueuse vis-à-vis de Lui (qu’Il soit Exalté et Glorifié) tel que cela est défini par la parole du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui dit : « Ayez envers Allah une réserve respectueuse véritable ». Ils dirent : « Nous avons cette réserve respectueuse qu’Allah en soit loué ». Il dit : « Ce que vous en dites n’est pas comme ce que j’en dis, car la réserve respectueuse c’est de préserver la tête et ce qu’elle contient, c’est de sauvegarder le ventre et ce qu’il rassemble, c’est de se remémorer la mort et les épreuves et celui qui aspire à l’au-delà délaisse la parure de ce monde, celui qui accomplit tout cela, celui-là possède une réserve respectueuse véritable envers Allah ».

Et cette réserve qu’a mentionné le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est celle qui concerne le commun, quant à la réserve attribuée aux Véridiques est que l’esprit, par crainte révérencielle, baisse la tête face à ce qui est pourtant permis comme le disent les Connaissants :

«  Je le désire ardemment mais voilà ! Quand il se manifeste à moi

Je baisse la tête par révérence !

Nullement de peur ! Mais, par crainte révérencielle !

Et aussi, pour sauvegarder Sa Beauté !

Ainsi, je me détourne de lui en endurant la patience.

Alors que je désire au fond de moi, ne serait-ce que l’ombre de son spectre !

Assurément la mort est dans Sa retraite.

Et la vie par excellence est dans Son approche ».

Comme l’a dit aussi un certain Connaissant (qu’Allah l’agrée) :

« Gloire à celui qui même si on se prosternait à lui avec les yeux !

Et ce, même sur un bord plein d’épines ainsi que sur des aiguilles ardentes !

Cela ne couvrirait point le centième de ses bienfaits !

Ni le dixième de ce centième voir même le millième ! ».

Puis il a récité d’autres vers et il a disparu entre les gens. En effet, cela s’est déroulé dans le rassemblement de ‘Arafat. J’ai interrogé alors les gens à son sujet, on m’a dit que c’était Abou ‘Oubeda Al Khawwas. Assurément, depuis quarante ans, il n’a pas levé la tête vers le ciel par pudeur envers Allah. Indubitablement, cela est la pudeur des Connaissants.

Puis, le fait de se rapprocher d’Allah par l’anéantissement des attaches, la traversée des obstacles, le délaissement de tout ce qui est équivoque, ainsi que toute forme de laisser-aller et d’observation des choses. Tout cela, ne doit pas être en vue de quelques biens, ou alors par ruse envers Allah ; mais dans le but de répondre aux exigences de La Magnificence et de la Grande Majesté Divine et aussi par Amour pour Son Essence.

Cependant, pour chaque personne, cela dépendra de sa station et de son degré, et quant à celui qui a été éprouvé par l’opposition à l’un de ces critères, qu’il retourne à Allah tout en s’humiliant et l’implorant, suppliant Son pardon, en s’écrasant, s’abaissant avec dédain, reconnaissant devant Allah son impuissance et sa faiblesse. Ensuite, il faut rester auprès d’Allah en observant une attitude de soumission et de besoin, concentré dans le dénuement et le désarroi ainsi que la crainte du cœur face au trouble de Son Assaut imprévisible et d’être séparé de Lui par Sa Ruse cachée.

Vous devez vous imposer l’agrément et la soumission pour Lui (Glorifié et Exalté) en tout ce qui survient sans troubles, ni vacillements, ni sans désirs de voir cela disparaître sauf quand cela est l’œuvre de son nafs, qu’il s’empresse au repentir en tout ce qui a pu survenir comme œuvre s’opposant à la Loi, car il ne lui est pas permis de persister à l’endosser, même s’il ne sait pas qu’il s’agit là d’un ordre d’Allah, il n’a pas d’excuses dans le fait de délaisser la demande de repentir.

Qu’il œuvre aussi, à certains de ses moments, pour faire profiter de ce qu’il détient entre ses mains. Que ce profit soit envers les serviteurs d’Allah, pas à l’ensemble, mais à des particuliers, et de proche en proche, sans excès ni négligence. Il faut qu’il ait une haute préoccupation à respecter les droits de ses frères en sa Tariqa, droits qu’il n’est pas possible de retarder, mais auxquels on se doit de toujours répondre sans désertion.

Chaque personne sensée se doit d’avoir des moments où il s’isole avec son Seigneur, moments que l’on ne doit pas repousser ou en être distraits, et des moments où il s’assoit avec ses frères dans la voie d’Allah pour un rappel ou un enseignement ou un profit en des sciences qu’il ne possède pas, sans excès ni négligence. Ensuite, qu’il profite des meilleurs moments pour s’isoler avec Allah comme au milieu de la nuit, après que les gens se soient endormis jusqu’à l’aube, ainsi qu’après la prière du Soubh jusqu’à l’heure du Douha, et après la prière du ‘Asr jusqu’à la prière du ‘Icha.

Il œuvre à cela, avec bon sens et en conciliant avec sa connaissance entre ce qu’il peut faire et ce qu’il doit accorder comme relâchement à son Nafs sans provoquer la lassitude, se conformant au cadre d’action de la parole prophétique qui dit : « La religion c’est l’aisance, si une personne veut rivaliser avec la religion, elle le vaincra…. » Et sa parole : « Cette religion est inébranlable, saisissez-la avec douceur… » Et sa parole : « Prenez des œuvres ce dont vous êtes capable, car Allah ne se lasse pas jusqu’à ce que vous vous lassiez ».

Qu’il prenne extrêmement garde aux assises, et à la source du savoir dans l’attente d’une emprise sur le commun des gens, ou pour détenir une influence dans les affaires de l’État. Celui qui s’en tient à cela, il ne réussira ni dans ce monde ni dans l’au-delà, mais sa préoccupation ne doit être que de se saisir sur ce qui le concerne personnellement. Et il ne doit pas laisser sous-entendre, dans le profit fourni à ses frères, que c’est parce qu’il en est le plus digne en cela, mais seulement qu’il considère que lui-même ne peut se passer de ce moment.

Malek (qu’Allah l’agrée) a dit lorsqu’il fut interrogé sur la recherche du savoir : « C’est une bonne chose, mais sache ce que tu dois accomplir de ton matin à ton soir et accomplis-le ». Il a insisté sur les devoirs individuels de la personne dans ce qu’Allah réclame de lui et en lesquels Il ne lui autorise pas l’abandon. Et celui qui s’en détourne prétextant sa recherche du savoir, il a ruiné sa vie ici-bas et celle de l’au-delà, et sa parole est véridique en cela.

Tu n’as qu’Allah -Glorifié et Exalté-, alors ne te détourne pas de Lui pour un autre et ne cherche pas de recours autre que Lui, ni de prétexte pour te détourner de Sa porte, ni d’autres refuges que Lui face aux difficultés, aux détresses et aux malheurs, sans diminuer dans l’observance de Sa gratitude pour l’abondance et la succession de Ses bienfaits. La situation dans ce domaine correspond à la parole de Abou-l-‘Abbas Mursi qui a dit :

« Les instants du serviteur se départagent en quatre, sans cinquième, et ce sont :

- Soit tu te trouves dans un instant d’aisance, et alors le Vrai t’exige de faire preuve de reconnaissance.

- Soit tu te trouves dans un instant de difficulté, et alors le Vrai t’exige de faire preuve de patience.

- Soit tu te trouves dans un instant de désobéissance, et alors le Vrai t’exige de faire preuve de repentir.

- Soit tu te trouves dans un instant d’obéissance, et alors le Vrai t’exige de faire preuve d’espérance ».

Ces classifications évoquées incluent l’ensemble des moments du serviteur, et ce fut mentionné dans la parole du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Celui qui reçoit et qui est reconnaissant, qui est éprouvé et qui patiente, qui est injuste et qui demande pardon, qui est opprimé et qui pardonne » ; ensuite, il se tut jusqu’au moment où certains membres de l’assise lui demandèrent : « Qu’ont-ils donc, ô envoyé de Dieu ? » Il dit : « Voilà ceux qui récoltent le salut et qui sont bien guidés ».

Il veut dire (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) par « récoltent le salut », qu’ils sont en sûreté contre le châtiment d’Allah dans l’au-delà et ils sont bien guidés en ce monde, mais en prenant en considération, pour chacune des choses évoquées, que cela soit accomplit sincèrement pour Allah, sans le mélanger à d’autres choses qu’Allah, (Exalté) et ces conseils concernent les gens voilés […] »

Texte tiré du livre Djawahirou-l-Ma’ani

Recherche et traduction par la Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe