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Photos de la Zawiya bénie de Seyidina Ahmed Tidjani (May ALLAH be pleased with him) à Fès (Maroc)

Aperçu historique

La cité de Fès fût bâtie aux environs de 789 ap J.C par un saint, descendant du Prophète (que la prière ), Sidi Moulay Idriss Ier (qu’ALLAH l’agrée). Vers l’an 809 la ville devient le siège de la dynastie par son fils tout aussi pieux appelé Sidi Moulay Idriss IIème (qu’ALLAH l’agrée) où d’ailleurs se trouve son mausolée. En 818 on voit se former deux quartiers distincts dans la noble ville en raison de l’arrivé massive d’une part de 8000 familles réfugiées venant de Cordoue (Espagne) et d’autre part de 2000 familles provenant de Kairouan (Tunisie actuelle).

Cette ville impériale s’agrandira et s’enrichira au cours des siècles et des évènements, pour être dotée en 859 d’un des principaux centres spirituels et intellectuels de l’islam, la mosquée Qarawiyyine. Elle se nomme ainsi, car située dans le quartier Kairouanais, elle fut fondée par la générosité d’une femme pieuse Fatima, fille de l’émigré Mohammed El Fihri le Tunisien. Elle plaça toute sa fortune dans la construction de cette majestueuse mosquée aux 14 portes dont la salle de prière peut accueillir 20.000 personnes. De plus, elle contient la plus vieille université au monde qui voit passer en son sein les plus grandes sommités dans tous les domaines de la science. Au 14ème siècle, elle était fréquentée par près de 8000 étudiants.

Fès, au cours de son histoire et de la succession des dynasties régnantes, perdit son privilège de capitale du royaume en faveur de Marrakech puis de Meknès, mais elle le retrouva avec le règne du Sultan ‘Alaouite Moulay Abdallah (1729-1759) et elle le restera jusqu’en 1912, date à laquelle la capitale fut déplacée à Rabat, mais elle reste néanmoins la capitale spirituelle du Pays.

Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) et son destin à Fès

La première fois que Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) se rendit à Fès il n’avait que 21 ans et il partit dans l’intention d’étudier dans l’illustre université du monde musulman Qarawiyyine, puis il repartit à ‘Aïn Madhi ayant obtenu tous les diplômes. La seconde fois qu’il repartit s’installer dans la célèbre ville, hormis les visites furtives, il était âgé alors de 63 ans. Il s’exila de Boussemghoune le 17 Rabi’ El Awwal de l’année 1213 (1797/98) avec toute sa famille et arriva à Fès le 6 Rabi’ Thani de la même année, emportant avec lui le précieux héritage du Prophète (que la prière ) : la Tariqa Ahmediyya, Mohamediyya, Ibrahimiyya Hanifiyya.

Cet homme simple à l’aspect marqué par la rudesse du désert intrigua les habitants de Fès et leurs savants à l’allure délicate et élégante. Très vite l’image laissa place au contenu et les savants de Fès ne purent que s’incliner devant l’étendue de son savoir particulier et la perspicacité de sa réflexion. Le Sultan lui-même, grand gardien de l’orthodoxie de la religion, Maoulana Souleïman (qu’ALLAH l’agrée), s’intéressa à Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) et à ce bruit qui courait disant qu’il était le dépositaire direct du Prophète (que la prière ) et son élève et qu’il le voyait à l’état de veille. Il le mettra à l’épreuve plusieurs fois et constata la vérité de ses affirmations au point de s’affilier à la Tariqa par ses nobles mains. Maoulana Sultan Souleïman (qu’ALLAH l’agrée) lui fit don d’une belle demeure faisant partie de ses biens personnels appelée Dar Miraya (La demeure des miroirs). Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) ne l’accepta qu’après avoir eu la preuve que cette demeure ne faisait pas partie du patrimoine commun de la couronne et il donna chaque mois aux pauvres, tout au long de son séjour jusqu’à sa mort, l’équivalent en pain du loyer, comme le lui avait ordonné le Prophète (que la prière ).

Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée), avant la construction de la Zaouiya, allait prier souvent à la mosquée Diwan. C’est là-bas qu’il autorisa et certifia le livre Djawahirou-l-Ma’ani que Sidi ‘Ali Harazim (qu’ALLAH l’agrée) venait de finir de rédiger à partir des notes recueillies. Il débuta la rédaction, conformément à l’ordre reçu, environ deux mois après l’arrivée de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) à Fès l’année 1213 et le termina le mois de Dhoul Qa’da l’année 1214 de l’Hégire. Parmi les habitudes de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) il y avait que lorsqu’il reçut du Prophète (que la prière ) la garantie que tous ceux qui verraient son visage le lundi et le vendredi seraient pardonnés, Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) sortait spécialement ces deux jours-ci pour s’arrêter sur le côté de la route, là où il y avait le plus de gens qui passaient et de même il faisait ses prières dans la mosquée où il y avait le plus de monde afin de faire profiter de cette garantie le plus de personnes possible.

C’est dans cette ville bénie que Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) était destiné à être gratifié de l’ultime station de Sceau de la Sainteté Mohamedienne comme Ibn ‘Arabi (qu’ALLAH l’agrée) avait rencontré son esprit, il y a six cents ans plus tôt dans ce même lieu. Ce fut à l’âge de 63 ans en l’an 1214 (1799 apr. J.-C.) qu’il a atteint ce rang unique qui lui a été tant prédit et tant annoncé depuis son enfance et qui lui fut octroyé par l’intermédiaire du sceau des prophètes, Seïdina Mohammed (que la prière ).

La Zaouiya Tidjaniya El Koubra de Fès

Sache qu’avant que ne soit construit la Zaouiya bénie, Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) et ses compagnons se réunissaient dans le couloir devant la porte de sa maison pour accomplir le Wadhifa en groupe et parfois dans certaines mosquées. Puis le Prophète (que la prière ) ordonna à Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) de construire la Zaouiya bénie et pour cela il devait choisir le meilleur emplacement, le plus pur. Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) a donc choisi l’endroit où la Zaouiya est actuellement construite. Autrefois le quartier s’appelait Dardas et il est connu aujourd’hui sous l’appellation de quartier Blida. Il a acheté ce lieu avec son argent pur et licite. Il s’agissait d’une ruine où il y avait un grand figuier et c’est à cet endroit justement qu’est enterré Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée).

Cette ruine était si effrayante que personne ne pouvait rentrer seul à l’intérieur. Il a été rapporté, selon une source fiable, qu’on entendait à certains moments des voix comme si un groupe était en train de faire du Dhikr et c’était le lieu de visite des Majadhib (Les attirés par Dieu). Avant sa construction, le célèbre majdhoub Sidi Lahbi (qu’ALLAH l’agrée) mettait son oreille sur la porte et disait aux passants : « Venez vers cet endroit pour écouter le Dhikr ». Lorsque la Zaouiya fut construite ce majdhoub (qu’ALLAH l’agrée) a dit : « Fès s’est renforcé et surtout Dardas ». Ensuite Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) acheta ce qu’il y avait aux alentours et parmi ses acquisitions il y avait une maison qui appartenait à une femme. Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) l’a dédommagé de manière plus que satisfaisante au moment où celle-ci fut sollicitée par des gens jaloux de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) afin qu’elle ne lui cède rien. Le Prophète (que la prière ) ordonna qu’elle soit largement dédommagée et il dit à Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) : « Je veux que personne ne puisse s’approprier cet endroit ».

Lorsque Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) a voulu commencer la construction, certains gens de Fès se sont réunis pour l’en empêcher et ils portèrent cette affaire jusqu’à l’émir des croyants, Maoulana Souleïman, qu’Allah sanctifie son esprit. Celui-ci fut témoin des prodiges de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) et en raison de cela, non seulement il ordonna que se fasse la construction, mais en plus il envoya deux bourses d’argent et tout le nécessaire à cette entreprise. Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) refusa ce don et le renvoya au sultan lui faisant comprendre qu’il n’en avait pas besoin, et il lui affirma : « L’affaire de la Zaouiya est gérée directement par Allah ». Malgré cela le noble Sultan insista pour qu’il garde les bourses d’argent et Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) les prit donc, mais il refusa de les utiliser pour les dépenses de la Zaouiya alors il distribua tout l’argent aux pauvres et aux nécessiteux.

La construction de la Zaouiya débuta en 1215 de l’hégire (1800 apr. J.-C.). Au commencement des travaux Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) fut informé que quelques ouvriers qui participaient à la construction et qui avaient une certaine haine envers lui, faisaient du gaspillage dans les matières en excédant sur la quantité à utiliser. Cela était dans le but d’engendrer plus de dépenses et ainsi de saboter l’achèvement de la construction. Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) ne faisait pas attention à leurs agissements comme s’il n’avait rien vu. Quand certains compagnons, qui avaient aussi remarqué ce fait, interrogèrent Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) au sujet de cette situation il répondait : « Laissez-les œuvrer ainsi parce qu’en croyant nous tromper en vérité ils nous rendent service, et la Zaouiya est gérée par Allah ». Chaque fois que ces personnes-là augmentaient dans leurs agissements, on trouvait Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) qui augmentait dans sa joie et qui dépensait encore plus. Ensuite Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) mourut et la Zaouiya, dans laquelle il ne restait que peu de travaux, fut alors terminée par les disciples en très peu de temps.

Il a été rapporté qu’une fois alors que Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) se trouvait assis dans la Zaouiya bénie avec quelques compagnons, il se leva et ils se levèrent avec lui ensuite Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) sortit par la porte de la Zaouiya et il regarda à gauche et à droite puis il sourit et rentra à l’intérieur de la Zaouiya. Ses compagnons l’interrogèrent sur les raisons de son sourire à quoi Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) répondit : « Je regardais la grandeur de la Zaouiya et son étendue à gauche et à droite et elle s’étendra à droite jusqu’à la rue Djiniyara et sur la gauche jusqu’à la mosquée Larandja et elle aura 8 portes ». Depuis cette prédiction, la Zaouiya a dû être agrandie plus de quatre fois en raison du nombre toujours croissant de ceux qui s’affilièrent à la Tariqa et elle a atteint sur la droite la rue mentionnée, possédant déjà trois portes.

Il faut savoir que ce lieu béni possède des mérites qui la situent au-dessus de toute autre Zaouiya. Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) en parlant de ses mérites a dit : « Si les grands connaissants savaient le mérite que contient cette Zaouiya, ils viendraient y installer leurs tentes ». Souvent Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) mentionnait la valeur de la Zaouiya, incitant les gens à venir y prier, il dit : « La prière dans la Zaouiya est acceptée sans aucun doute ». Parmi les particularités de cette Zaouiya bénie il y a le fait qu’il soit interdit d’enterrer quiconque dans sa terre cela par respect et afin de préserver sa pureté. Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) a fortement insisté sur ce point jusqu’à dire : « Celui qui sera enterré dans la Zaouiya sera dévoré par le feu ».

Cette mise en garde fût gravée par précaution dans une plaque en marbre fixé sur un des piliers de la Zaouiya qui fait face à l’endroit où est enterré Seïdina (qu’ALLAH l’agrée), et tout cela, suite au commandement écrit par Sidi Mohamed el Habib (qu’ALLAH l’agrée), le fils de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée). De nombreux poèmes élogieux provenant de grandes sommités furent gravées tout le long des murs et des colonnes. Il faut savoir aussi que dans la Zaouiya cinq puits furent creusés, il y avait une bibliothèque appartenant à Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) et une pièce où il préparait des potions médicinales à partir de plantes.

Parmi les mérites contenus encore dans la Zaouiya bénie il faut savoir qu’au commencement de la construction Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) a fait interdire l’accès et ensuite, accompagné d’une poignée de l’élite de ses compagnons, il grava sur la pierre le plus Grand des Noms Suprêmes et à la suite il écrivit : « Ô! Mon Dieu je te demande, Ô ! Mon Maître par la vérité du plus grand de tes Noms Suprêmes, que tu protèges mes compagnons de Qaf à Qaf ». Puis il ordonna que cela soit enfoui dans les fondements d’un des piliers qui s’appelle depuis le pilier d’or.

Le décès de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée)

Lors de la maladie de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) qui allait engendrer sa mort, il demanda qu’on lui emmène le Daliya de Bousaïri mais on ne pouvait trouver ce poème à Fès. Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) a alors ordonné à quelques élites parmi ses compagnons de se rendre dans la ville de Meknès. Quant ils le trouvèrent et qu’ils revinrent avec, Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) ordonna qu’on le lui lise et une fois la lecture achevée, il ne parla plus avec personne. Il demanda aussi qu’on lui emmène le poème de l’imam Ghazzali (qu’ALLAH l’agrée). Lorsqu’il l’eut, il le mit sous son oreiller la veille de sa mort, comme l’avait fait l’imam Ghazzali (qu’ALLAH l’agrée), et voici les premiers passages de ce poème :

« Dis aux frères qui m’ont vu mort

Qui m’ont pleuré et ont récité sur moi l’oraison funèbre avec tristesse

Est-ce que votre tristesse est pour l’absent

Ou sur celui qui est présent parmi vous ici ?

Croyez-vous donc que je suis votre mort-ci

Non, Par Dieu ! Ce mort n’est pas moi

Car dans sa forme ce corps

Etait mon habit et ma tunique pour un temps,

Je suis une perle enfermée dans une coquille

Qui était pour moi une prison à laquelle j’étais accoutumé,

Je suis un oiseau et ceci est ma cage

Je me suis envolé et ceci est resté pour disparaître,

Je remercie Allah celui qui m’a libéré

Et m’a construit un emplacement dans les hauteurs,

J‘étais avant ce jour un mort parmi vous

J’ai revécu et j’ai ôté le linceul

Aujourd’hui je converse avec les nobles assemblées

Et je vois la vérité de mes propres yeux

Je suis installé devant la Table Gardée

Où je lis et je vois !

Tout ce qui était, tout ce qui sera et tout ce qui est proche… »

A l’instant où Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) s’est approché du moment de sa mort il disait à cause de l’intensité de ce qui descendait sur lui : « Allah ! Allah ! La lumière brûle mon cœur ; Allah ! La lumière brûle mon cœur ». Et il n’a pas arrêté de le dire tout au long de la nuit. Puis à l’approche du Fajr Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) s’est tourné vers les gens présents et il leur a dit : « Le Prophète est présent avec les quatre Khoulafa, levez-vous et sortez ». Et il n’y a que quelques élites qui restèrent avec lui. Il n’est passé qu’une heure, il fit son Soubh s’allongea sur le côté et réclama un verre d’eau. Après l’avoir bu, il se rallongea et quitta ce monde terrestre, ce fut le jeudi 17 Chawwal 1230 (1815 apr. J.-C.) à l’âge de 80 ans.

Il fut enterré en présence d’un nombre impressionnant de savants, d’hommes pieux et de saints, ainsi que d’émir. Le prince des croyants Maoulana Souleïman (qu’ALLAH l’agrée), a voulu y assister, mais il se trouvait à Marrakech lorsque l’événement se produisit. C’est le Qadi de Fès, l’illustre Sidi Mohammed ibn Ibrahim Dakali, qui fit la prière mortuaire sur le corps béni de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) et ce fut un moment très intense en émotion où jaillissait les pleurs, puis il fut enterré dans le jardin qui juxtaposait les murs de la Zaouiya bénie, par la suite, au fur et à mesure de son agrandissement cette parcelle fut incluse dans les murs de la Zaouiya.

Episode du départ des enfants de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée)

Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) exprima le souhait que suite à son décès, se soit son compagnon Sidi Mohamed El Ghali (qu’ALLAH l’agrée) qui fasse la prière mortuaire sur lui, alors qu’il n’était pas présent puisqu’il était en voyage. De plus, il confia la tutelle de ses deux nobles enfants à son grand khalife Sidi Hajj ‘Ali Tamacini (qu’ALLAH l’agrée) avec comme mission de les ramener dans leur pays à ‘Ain Madhi ; en effet Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) avait dit : « Il n’y a que le désert qui convient à mes enfants ». Lorsque Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) quitta ce monde terrestre, le Pôle Sidi Hajj ‘Ali Tamacini (qu’ALLAH l’agrée), accompagnée de quelques compagnons originaires du désert, voulut emmener les enfants de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) mais ceux-ci se plaisait tant à Fès qu’ils refusèrent de le suivre et qu’ils décidèrent de rester à la Dar Miraya. Sidi Hajj ‘Ali (qu’ALLAH l’agrée) ne pouvant les contraindre s’en alla puis, en sortant de la ville, ordonna à ses hommes qui étaient environ 200, de s’arrêter et de lever les mains puis il supplia ALLAH en ces termes : « Je demande à Allah que le Sultan reprenne possession de la demeure de Seïdina afin que ses enfants se lassent et désirent quitter ce pays ». Puis il clôtura sa supplication et ils reprirent la route pour ‘Aïn Madhi.

Par la suite, conformément au destin d’Allah, il arriva l’incident suivant : Sidi Mohammed el Kabir (qu’ALLAH l’agrée), le fils de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée), passa dans une des rues de Fès chevauchant une mule qui appartenait à son noble père. Il fut aperçu par Moulay Ibrahim le fils du Sultan Souleïman (qu’ALLAH l’agrée), il dit au fils de Seïdina : « Je voudrais que tu m’envoies cette mule pour que je puisse la chevaucher et la regarder, ensuite je te la renverrai, car elle me plaît ». Sidi Mohammed el Kabir (qu’ALLAH l’agrée) a bien compris son véritable objectif et qu’il ne s’agissait en fait que d’une ruse pour s’approprier la mule, donc il ne lui avait pas envoyé. Le fils du Sultan fut vexé et il expédia alors une lettre à son père qui se trouvait à Marrakech, pour l’informer que les enfants de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) voulaient quitter le pays et Moulay Ibrahim demanda à son père ce qu’il allait advenir de la Dar Miraya qu’ils allaient quitter. Le Sultan ordonna à son fils de remettre cette maison à un Chérif faisant partie de sa famille et cette réponse lui parvint le jour de l’Aïd el Adha (fête du sacrifice). Moulay Ibrahim envoya dire aux enfants de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) qu’ils devaient sortir de cette demeure en ce jour même en allusion à des réparations à entreprendre. Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) avait prédit cela avant son décès et aussi que cette demeure serait achetée plus tard par un disciple dans sa voie, ce qui arriva effectivement.

Les enfants de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) s’en allèrent donc avec leurs affaires dans la Zaouiya bénie et cette situation commença à les mettre mal à l’aise au point de se sentir à l’étroit. Dans cet état ils attendaient la venue de Sidi Hajj ‘Ali Tamacini (qu’ALLAH l’agrée) afin de pouvoir partir avec lui pour ‘Aïn Madhi et lorsqu’il revint en effet et qu’il voulut repartir avec eux, ils furent empêchés par les compagnons de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) qui habitaient à Fès. Ils ne purent finalement s’en aller qu’après de longues discussions. Le corps béni de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) fut déterré un peu plus de quatre mois après son décès, le 21 du mois de Safar 1231, par ses enfants, par quelques serviteurs et des habitants du Sahara. Il fut mis dans un cercueil qu’ils cachèrent dans la rue Djiniyara (non loin de la Zaouiya) en attendant de partir pour le Sahara le lendemain ou surlendemain. Or, la nuit où Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) fut sorti de sa tombe il vint voir en rêve 50 de ses compagnons et il a dit à chacun d’entre eux : « Je vais voyager ».

Lorsqu’ils se réunirent le lendemain de l’exhumation dans la Zaouiya bénie et qu’ils se racontèrent tous la même vision, ils comprirent que Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) avait été enlevé de sa tombe. Ils le recherchèrent et le trouvèrent dans la ruelle en question où il avait passé la nuit auprès de ses enfants. A cet instant précis les compagnons de Seïdina (qu’ALLAH l’agrée) constatèrent la concrétisation de la prédication faite par Seïdina (qu’ALLAH l’agrée), avant de mourir, désirant que son compagnon, Sidi Mohamed el Ghali (qu’ALLAH l’agrée) accomplisse la prière mortuaire sur lui. Celui-ci était en voyage lors de son décès, mais suite à cet évènement imprévisible qui coïncida avec son retour de voyage il a fait effectivement la prière sur Seïdina (qu’ALLAH l’agrée). Lorsqu’ils le remirent dans sa tombe, il se dégagea un parfum qui ne pouvait être décrit et l’odeur était si enivrante qu’ils craignirent que les gens présents perdent connaissance, de plus ils constatèrent au niveau de ses pieds une verdure brillante et éclatante et c’est comme s’il venait juste de mourir. Par précaution les habitants de Fès construisirent quelque chose de lourd et de solide sur sa tombe.

À Fès se trouve aussi les tombes de plusieurs enfants de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’ALLAH l’agrée) mort en bas âge, parmi eux il y a Sidi Khalifa, Saïda Fatima, Sidi Mohamed es-seghir. Il y encore un grand nombre de ses compagnons et des piliers de cette Tariqa qui furent enterrés dans les différents cimetières se trouvant à la sortie de la vieille ville (Bab Ftouh, Bab Ajissa…).