-95- Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :

« Va donc apprendre un métier pendant que tu es jeune. »

La cause : Sidi Taïeb Sefiani (qu’Allah l’agrée) a dit : « Il a dit cela à un étudiant qui avait pris de lui les Oraisons et qui restait assis sans rien faire. Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui a dit : « Va à ton travail » et il lui répondit : « Je n’ai pas de travail, je suis étudiant », alors il lui a dit les propos ci-dessus. Il était courant que Seïdina(qu’Allah sanctifie son précieux secret) incite ses compagnons (qu’Allah les agrée) afin qu’ils enseignent une profession à leurs enfants, ceci après l’apprentissage de ce qui est possible du Qoran ainsi que l’écriture et afin qu’ils ne soient pas délaissés. »

-99- Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :

« Notre cachet est Mohammadien, il couvre tout ceux qui prennent notre Ouird et alors l’intercession leur est assurée à l’instant même, ainsi que pour leurs parents. »

Commentaire : Sidi Mohamed el Hafidh Misri (qu’Allah l’agrée) a commenté : « Cela est pour ceux qui ont été inscrits parmi les gens de la félicité et cela fait partie des bonnes annonces qu’Allah inspire aux vertueux. Mais on ne se repose pas sur cela, car il est nécessaire d’œuvrer. »

Explication : Ibn Mas'oud (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et c'est lui le véridique et le digne d'être cru, nous a fait ce discours : « On consacre quarante jours à la création de l'un de vous dans le ventre de sa mère pour en faire une goutte de liquide. Puis on en fait une masse accrochée dans la même période. Puis on en fait un bol de mastication dans la même période. Puis on lui envoie l'Ange qui insuffle en lui l'esprit et l'on prédétermine pour lui quatre choses : sa subsistance, la durée de sa vie, la valeur de son œuvre et sa prédestination, soit en Enfer, soit au Paradis. Par Celui en dehors de qui il n'est point de dieu, l'un de vous fait certainement l'œuvre des gens destinés au Paradis jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une coudée entre lui et le Paradis et voilà que sa prédestination le devance, il commet alors un acte de ce que font les gens de l'Enfer et il y entre. Et l'un de vous fait certainement l'œuvre des gens voués à l'Enfer jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une coudée entre lui et l'Enfer et voilà que sa prédestination le devance, il fait alors un acte de ce que font les gens du Paradis et il y entre ». (Sahih - Authentique)

Selon ‘Ali (qu’Allah l’agrée) le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Il n'y a pas un être qui respire sans qu'Allah ne lui inscrive son emplacement au Paradis et en Enfer, et sans qu'Il ne soit inscrit parmi les gens de l'infortune ou ceux de la félicité. »

On lui demanda : « Ne devons-nous pas alors nous en remettre à la providence ? »

Il dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Non, œuvrez sans vous reposer sur la providence, car chacun se voit facilité dans ce pour quoi il a été créé, les gens de la félicité se voient aidé dans les œuvres des gens de la félicité, et les gens de l'infortune se voient aidé dans les œuvres des gens de l'infortune. »  (Ahmed, Boukhari et Mouslim, Abou Daoud, Tirmidhi). Sahih – Authentique.

-100- Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :

« Notre cachet superpose tous les cachets, et aucun autre cachet ne peut le superposer. »

Commentaire : Sidi Mohamed el Hafidh Misri (qu’Allah l’agrée) a commenté : « Car ceux qui prennent sa Tariqa s’engagent à l’exclusivité envers elle, et certainement celui qui se détache de tout pour accomplir une chose, il la parachève ».

-101- Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :

« Notre Tariqa abroge toutes les autres voies et les annule, mais aucune voie ne peut s’insérer dans notre voie.  »

Commentaire : Sidi Mohamed el Hafidh Misri (qu’Allah l’agrée) a commenté : « Le croyant ne se restreint qu’à ce dont il s’est restreint par lui-même, et ce qui n’est pas du domaine de l’obligatoire est du domaine du méritoire. Ainsi, si le croyant fait un vœu pieux dans un acte méritoire, il se doit nécessairement de l’honorer. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Les croyants sont définis par leurs engagements ».

Les voies spirituelles vers Allah sont en fait des œuvres surérogatoires tirées du domaine de l’adoration légiférée qu’Allah Exalté a ordonné d’accomplir. Tout ce qui va à l’encontre de la législation Divine ne peut en aucun cas devenir une voie permettant l’approche vers Allah. Car l’approche vers Allah est délimitée par l’accomplissement de ce qui est obligatoire avec en plus l’ajout d’œuvres méritoires à ce qui est exigé dans le domaine de l’obéissance. Ces œuvres surérogatoires ne sont pas obligatoires à la base, cependant si le musulman fait un vœu pieux dans ce qu’il peut accomplir, alors cette œuvre surérogatoire devient une obligation par le vœu pieux – que ce soit une prière, un jeûne, une récitation Coranique, une évocation, des formules de glorifications ou la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

De ce fait, celui qui s’engage dans une voie et qui fait lui-même le vœu pieux pour ses oraisons qui sont méritoires, en ce qu’il est capable de faire, alors il ne fait aucun doute que cela devient pour lui un engagement qu’il doit respecter conformément à la parole du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Celui qui fait le vœu d’une obéissance envers Allah, il se doit de Lui obéir en cela. Et celui qui fait le vœu dans une désobéissance, il ne doit pas Lui désobéir. » Ainsi que ce qui a été authentiquement rapporté de lui (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lorsqu’une femme l’interrogea au sujet de l’une de ses sœurs qui était morte sans avoir pu s’acquitter du vœu pieux qu’elle avait fait, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui répondit : « Si ta sœur était redevable d’une dette est-ce que tu l’acquitterais ? » Elle répondit : « Oui » Il lui dit alors : « Sache que les dettes envers Allah sont encore plus en droit d’être acquittées. »

Et Allah le Très Haut dit : « (7) Ils accomplissent leurs vœux et ils redoutent un jour dont le mal s'étendra partout (8) et offrent la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier, (9) (disant) : « C'est pour le visage d'Allah que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. (10) Nous redoutons, de notre Seigneur, un jour terrible et catastrophique » (11) Allah les protégera donc du mal de ce jour-là, et leur fera rencontrer la splendeur et la joie (12) et les rétribuera pour ce qu'ils auront enduré, en leur donnant le Paradis et des [vêtements] de soie. » (Sourate 76 L’homme, versets 7 à 12).

Ce qu’il faut comprendre ici c’est que celui qui n’honore pas son vœu pieux Allah ne le protégera pas de ce jour-là. Aussi celui qui s’engage à certaines oraisons particulières exclusivement, sans mélange - car celui qui se détache de tout pour accomplir une chose, il la parachève- celui-là se doit de remplir cet engagement qu’il a pris sur lui-même conformément à la parole du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Les croyants sont définis par leurs engagements ».

Quant à celui qui prend une voie mais sans faire le vœu pieux pour ses oraisons et sans s’engager à l’exclusivité envers elle, celui-là a une grande marge de manœuvre du point de vue de la Loi. De ce fait, celui qui y chemine et veut la quitter pour en prendre une autre, il le peut, car toutes les voies sont méritoires et sont des liens vers Allah. Dans les voies, à l’époque de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret), personne ne s’engageait par un vœu pieux prit sur lui-même, c’est pour cette raison que chaque cheminant pouvait la quitter pour une autre s’il le voulait. Quant à sa voie (qu’Allah sanctifie son précieux secret), considérant que celui qui voulait la prendre se devait de s’engager par le vœu pieux pour ses oraisons et à l’exclusivité envers elles, dans ce cas il ne lui était pas permis dans le domaine de la Loi de la quitter pour une autre. Tout cela est du domaine de ce qui est recommandé ».

Explication : Ces propos de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) ne veulent point insinuer que toutes les autres voies spirituelles sont désormais devenues caduques depuis l’apparition de cette Tariqa Mohammediya, mais seulement que l’entrée au sein de cette noble voie implique l’exclusivité envers elle, sans mélange. Il était courant que lorsqu’une personne venait lui réclamer l’autorisation pour sa Tariqa, il demandait au postulant : « As-tu une autre Oraison (d’une autre Tariqa) ? » Si la personne répondait par l’affirmative, il lui disait alors (qu’Allah sanctifie son précieux secret) : « Cela t’est suffisant. » Si la personne insistait malgré tout pour prendre de lui, il lui disait alors (qu’Allah sanctifie son précieux secret) : « Si c’est ce que tu veux, tu dois alors délaisser ce que tu as déjà. »

Ni Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret), ni ses compagnons (qu’Allah les agrée tous), ni les savants qui ont parcouru véritablement cette voie n’ont affirmé que seule cette voie est valide et que les autres voies sont désormais caduques, c’est une interprétation erronée sans aucun fondement. (Cf. : « Vos questions N°42 »)

Le grand Connaissant et compagnon de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret), le Cheikh el Islam de Tunisie Sidi Ibrahim Riyahi (qu’Allah l’agrée) a écrit ceci : « […] il n’y a que l’ignorant dans le domaine de la Haqiqa et de la Loi pour critiquer une autre voie que celle à laquelle il fait partie parmi les voies des Chouyoukh, car toutes les voies sont des guidées d’Allah. Celui qui, dans la science d’Allah, a été devancé pour être Qadiri il en sera ainsi ou pour être Chadhili il en sera ainsi, ou pour être Rahmani il en sera ainsi, mais seulement certaines voies sont meilleures que d’autres […] »

-102- Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :

« Notre voie est la voie de la grâce à l’état pure, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) me l’a donné sans intermédiaire, de lui à moi, à l’état de veille et non en songe. »

Commentaire : Sidi Mohamed el Hafidh Misri (qu’Allah l’agrée) a commenté : « Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui me voit en songe m’a réellement vu, car le Démon ne peut pas prendre mon apparence. » Or ce qui est de règle pour sa vision en songe est aussi de règle pour sa vision à l’état de veille. Ainsi, si ce que l’on a vu de lui (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est conforme à ce qu’il a enseigné de la Loi, alors il est permis de le mettre en pratique, sans divergence auprès des savants.

Quant à la divergence sur la possibilité de voir le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) en état de veille cela est connu, d’éminents savants, dont on ne peut douter ni de leur religion ni de leur science, l’ont attesté. Il suffit de mentionner dans ce cas l’Autorité Ibn Abi Jamra ; il est une référence incontestable sur l’évidence de la possibilité de cette vision. Son titre d’ « Autorité » (Hafidh) est un argument indéniable sur tous ceux qui n’ont pas ce titre, et ceux qui contestent cela n’ont aucune preuve convaincante pour rendre cela impossible. 

Les oraisons de la Tariqa se restreignent à la demande de pardon (Istighfar), à la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), à la parole « Il n’y a point d’autre dieu qu’Allah », à l’évocation, à la lecture du Qoran, à la prière, au jeûne, à l’aumône, à la lutte contre les passions, à la glorification et la louange. »

Complément :Parmi les références à l’autorité indiscutable au sein des Gens de la Sunna, et qui, lorsqu’il est cité dans un avis, cela quelle que soit la discipline, que ce soit dans le domaine de l’exégèse, du Hadith, de la jurisprudence, de la langue arabe, de la démonstration etc., devient alors un argument reconnu et appuyé par tous les savants authentiques quelques soient leurs écoles, et dont les écrits abondants sont d’une richesse et d’une érudition rarement égalées et qui figurent dans toutes les bibliothèques des plus grands savants, il y a le Cheikh et Hafidh Jalaldin Souyouti (qu’Allah l’agrée). Il a obtenu des diplômes de plus de cent-cinquante savants parmi les plus illustres et notamment de l’autorité et maître des Gens du Hadith Ibn Hajr, et il a également recueilli aussi la science d’environ six cents Chouyoukh.

Il a été rapporté dans « Kaoukab Sa-irat » que Cheikh Abdelqadir Chadhili (qu’Allah l’agrée) a rapporté que l’imam Souyouti lui a dit : « J’ai vu le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à l’état de veille et il m’a interpellé en ces termes : « Ô Cheikhou-l-Hadith » Je lui demandais alors : « Ô Messager d’Allah, suis-je parmi les Hôtes du Paradis ? » Il dit  (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Oui » Je lui demandais : « Sans subir de châtiment » Il dit  (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « C’est effectivement ce que tu as. »

Cheikh Abdelqadir ajouta : « Je lui demandais : « Ô Sidi, combien de fois as-tu-vu le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à l’état de veille ? » Il me répondit : « Plus de soixante-dix fois. » »

Et suite à ces visions, il a écrit son livre corroborant cette possibilité « Illumination de l'obscurité sur la possibilité de la vision du Prophète et de l'ange. » (Tanwir el Halak fi Imkan rouyat Nabi wal Malek)

Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe