On a questionné Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) au sujet du dire (des Connaissants) : « Certes le cercle du wali est plus vaste que le cercle d’un prophète (sur eux la paix). »

Il répondit (qu’Allah sanctifie son précieux secret) : « Ce qu’on a voulu dire par « Wali » ce sont seulement les Aouliya de cette communauté, ceux à qui il a été ordonné le prêche, ce sont eux qui sont concernés et dont le cercle de prédication est plus vaste que ceux des prophètes (sur eux la paix). L’élargissement de ces cercles et son rétrécissement varie en fonction de l’ampleur des groupes à qui s’adressent leurs prêches. Chaque messager d’entre les messagers (sur eux la paix), hormis notre Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), avait son message limité à une nation, un peuple ou à un pays, mais qui ne dépassait jamais cela. Tandis que le message de notre Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est pour tous les pays et régions, pour tous les peuples et communautés et pour toutes les époques.

Par conséquent, les Aouliya qui ont la charge de la prédication dans sa communauté (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ont leur prêche qui englobe tout ce que le message de notre Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a englobé. Il ne se limite donc pas à un pays, à un peuple ou à une communauté, mais s’adresse à l’ensemble comme l’était le message du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). C’est la raison de l’élargissement supérieur du cercle des Aouliya par rapport à celui d’un prophète (sur eux la paix).

L’appel à Allah que les wali exercent leur est enjoint par l’apparence de la Chari’a, car le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Transmettez de moi ne serait-ce qu’un verset » et aussi « Ordonnez le bien et blâmez le mal ». Quant à l’appel à Allah évoqué précédemment elle n’est possible en vérité qu’avec l’autorisation spéciale (Idhnou-l-Khass) tout comme l’autorisation nécessaire pour la prophétie. Ainsi, quiconque se dirige vers les êtres afin de s’occuper d’eux et de leur faire la prédication avec l’autorisation spéciale d’Allah, ses paroles épanouiront tous les cœurs, tous les gens se précipiteront vers son appel et ils lui répondront positivement. De même, son ordre sera suivi et son interdiction sera respectée, il sera obéi, sa parole sera douce pour les cœurs.

Par contre, celui qui fait la prédication avec une autorisation générale (Idhnou-l-‘Amma) et qui n’a pas l’autorisation particulière, celui-là sa parole ne sera pas profitable, les gens ne se précipiteront pas à son appel et la langue du Vrai lui clame par la langue de l’Etat (Lisan Al Hel) dans le dévoilement des vérités : « Nous ne t’avons pas ordonné de faire cela et tu ne fais pas parti de ces gens là, tu n’es qu’un intrus. » Quiconque se met dans cette situation sera éprouvé par la recherche de l’autorité, de l’ostentation (Riya) et l’attribution du mérite alors qu’en réalité il ne lui parvient rien d’Allah.

Ibn ‘Ata Allah a dit : « Celui qui a été autorisé à parler charme par ses paroles les oreilles des créatures, et ses allusions subtiles leur deviennent sensibles. »

Voici l’histoire de Cheikh Abdelqader Djilani (qu’Allah l’agrée) qui est connue ; il dit un jour : « J’ai jeûné hier alors Oummi Yahiya m’a mis quelques œufs pour rompre le jeûne au chevet de mon lit, or voilà qu’un chat est venu et les a volés. » Les gens en entendant cela se mirent à pleurer jusqu’à la fin de l’histoire.

Celui qui proclame avoir l’autorisation particulière mensongèrement et en effectuant la prédication jusqu’à sa mort, celui-ci mourra en état d’infidélité à moins qu’il ne s’en repente. Nous demandons à Allah la paix et la préservation vis-à-vis de cela par l’intermédiaire du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et de sa famille. » Ici se termine ce que Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) nous a dicté.

Texte tiré et traduit du livre Djawahirou-l-Ma’ani

Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe