Est-il permis à un tidjani de lire le « Dalayl khayrate » ?

REPONSE

Concernant votre question au sujet de Dalaïl El Khaïrate de l’Imam Mohamed Jazouli (qu’Allah l’agrée), il faut savoir que c’est un ouvrage écrit en vue d’honorer le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) contenant des prières sur le Prophète et organisé en sections suivant les jours de la semaine. Cet ouvrage est mondialement connu et récité par tous ceux qui aiment le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et ce, depuis plusieurs siècles, quelle que soit la voie spirituelle et même sans avoir de voie spirituelle. Dans certains pays du Maghreb, il est tellement populaire auprès des musulmans qu’il est fréquemment récité dans les mosquées et les zaouiya.

Le grand connaissant et compagnon de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) Sidi Mohamed Kensoussi (qu’Allah l’agrée), aussi surnommé « la langue de la Tariqa », avait dit au sujet de la lecture de Dalaïl el Khaïrate : « […] il n’y a aucun mal en cela […] »

Sidi Ahmed Soukeïrij (qu'Allah l'agrée) a dit à ce sujet : « Sache que parmi ce qu’évoquait Seïdina (qu'Allah sanctifie son précieux secret), il y a le Dalaïl El Khaïrate. »

Il a dit aussi : « Seïdina (qu'Allah sanctifie son précieux secret) le récitait par cœur aussi bien secrètement qu'à voix haute » puis il a ajouté : « Le disciple tidjani peut le réciter afin de se conformer aux agissements de Seïdina (qu'Allah sanctifie son précieux secret) et il n'a point besoin pour cela d'une autorisation spécifique. »

Il est rapporté dans Kachfou-l-Hijab ce passage sur l'un des serviteurs de Seïdina Ahmed Tidjani (qu'Allah sanctifie son précieux secret) qui s'appelait Boudjam'a (qu’Allah l’agrée) et qui a atteint l'ouverture des mains bénies de Seïdina (qu'Allah sanctifie son précieux secret) , je cite : « [...] Il a été rapporté sur notre personnage, qu'il lisait régulièrement chaque veille du vendredi et du lundi le Dalaïl el Khaïrate en groupe dans une mosquée qui était à proximité de chez lui. »

Aussi, il est possible que vous entendiez certains Mouqadem réprouvant cela, mais il s'agit alors d'un avis divergent (si sa réprobation est suivie d'arguments bien sûr) qui ne fait point l'unanimité et dans ces cas précis, chacun se doit de respecter l'avis de l'autre tout en étant libre de suivre celui qu'il veut. Par contre, il est plus qu'outrancier et détestable de dire que celui qui ferait le contraire de son avis agirait contrairement aux enseignements de la Tariqa et la preuve en est l'avis donné plus haut par des références incontournables parmi les savants de cette Tariqa en la personne de Sidi Mohamed Kensoussi et Sidi Ahmed Soukeïrij (qu'Allah les agrée) .

Donc, libre à vous, si vous le désirez, de lire le Dalaïlou-l-Khaïrate , mais il est tout de même largement préférable de s'occuper de réciter la Salat Fatihi vu son mérite immense et il a été rapporté que Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :

« Je m'occupais de faire la Salat Fatihi, de mon retour du pèlerinage jusqu'à Tlemcen (avant l'époque du Fath) ayant vu les mérites qu'elle contenait. En effet, une seule fois équivaut à 600.000 autres prières comme il est rapporté dans Ouird Jouyoub. Son auteur a raconté que celui qui l'a mentionné est Sidi Mohamed el Bakri Siddiqi (qu’Allah l’agrée) qui était un Pôle et qui a dit : « Celui qui la récite une fois et qui n'entre pas au paradis qu'il m'attrape et m'emmène (le jour du Jugement dernier) devant Allah ».

Je n'ai cessé de l'évoquer et ce jusqu'à mon départ de Tlemcen pour Boussemghoune puis lorsque j'ai constaté une prière qui équivalait à 70.000 lectures de Dalaïl el Khaïrat, j'ai abandonné la Salat Fatihi et ne me suis occupé que de cette prière en question, en raison de ses bienfaits-là. Ensuite, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) m'ordonna de retourner à la Salat Fatihi et je lui ai alors demandé quels en étaient ses mérites. Il m'informa qu'une seule fois, elle équivalait à toutes les glorifications faîtes dans la création, ainsi qu'à toutes formules d'évocation et de supplication grandes ou petites [...] ».

Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit aussi : « Salat Fatihi est un acte Divin (c'est-à-dire une grâce Divine) qui ne laisse pas de place à la raison humaine. S'il y avait 100.000 communautés, et que chacune soit composée de 100.000 tribus et que chaque tribu soit composée de 100.000 hommes et que chacun de ces hommes vive 100.000 ans et récite chaque jour 100.000 prières sur le prophète autres que la Salat Fatihi, et qu'on rassemble toute la récompense de ces communautés durant toute cette période, ils n'arriveraient pas à la récompense de l'évocation d'une seule Salat Fatihi […] »

Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe