Je suis étudiant et dans notre milieu beaucoup de personnes disent qu’il est interdit en Islam de prier dans une mosquée où se trouve une tombe, une telle prière est invalide et c’est du Chirk et de la mécréance, de même pour ceux qui visitent la tombe des saints et croient qu’il y a un mérite et un profit, et aussi que ce qui est construit sur leurs tombes doit être détruit. Y a-t-il des preuves qui prouvent le contraire ?

REPONSE

Ce discours est devenu malheureusement une chose courante et ces personnes ne font que répéter les dires de certains. Ces propos sont présentés comme étant unanimement confirmés depuis toujours dès l’époque du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), par les Compagnons ainsi que les pieux ancêtres, et non comme une simple opinion parmi d’autres. Le pire c’est que cela fut inséré dans un système de croyances leur autorisant d’accuser des musulmans de mécréance et d’associateurs, et cela est devenu si banal que même des savants émérites de l’illustre université d’Al Azhar, ayant une opinion contraire à la leur, sont traités de « Qoubouri » (adorateurs des tombes), qu’Allah leur pardonne ainsi qu’à nous.

Pourtant ces allégations ne sont à l’origine que l’avis très controversé d’une minorité de savants attachés à l’école juridique de l’Imam Ahmed ibn Hanbal (qu’Allah l’agrée), avant d’être repris plus récemment sous forme d’idéologie par certains mouvements musulmans. Leurs arguments sont l’interprétation des Hadith prophétiques selon ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) qui a dit que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah a maudit les juifs et les chrétiens, car ils ont pris les tombes de leurs prophètes pour lieux de Cultes (Masajidan).» (Boukhari et Mouslim) Et aussi le hadith de Abou Houreyra (qu’Allah l’agrée) qui a dit que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Ô Allah, fais que ma tombe ne soit pas idolâtrée ! Allah maudit les gens qui prennent les tombes de leurs prophètes pour des lieux de prière. » (Tabaqat el Koubra de Ibn Sa’d)

Ainsi ce sont des propos que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) répéta à plusieurs reprises durant les jours qui précédaient son décès. À partir de cela ils ont interprété que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a voulu mettre en garde sa communauté contre l’idolâtrie des tombes, et l’interdiction de les visiter en croyant en tirer une bénédiction particulière. Selon eux, cette insistance des propos du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) impliquait que sa communauté retournerait à l’idolâtrie à cause de l’adoration des tombes, en les honorant, en les introduisant dans les lieux de prière, en croyant que la visite de la tombe d’un saint peut apporter un bien ou repousser un mal... De là ils condamnèrent l’intention de telle visite jusqu’à celle de la tombe du Prophète, prétextant qu’on doit dire que l’on visite la Mosquée du Prophète et non la tombe du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Ils avancèrent aussi que telle a toujours été la position des Compagnons et pieux vertueux parmi ceux qui leur ont succédé.

Cette position rigide condamnant des musulmans d’adorateurs de tombe et bafouant leur sacralité est très loin de l’enseignement du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et de l’attitude des Compagnons, et on ne peut prétendre leur imputer de telles conclusions. Jamais notre noble Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’a voulu indiquer que sa communauté redeviendrait des idolâtres, et les Compagnons n’ont pas non plus reçu cette interprétation de lui, bien au contraire. Nous allons prouver à la suite l’irrecevabilité de cette interprétation.

Tout d’abord, rappelons que l’association à Allah (Chirk) est le plus grave des péchés et la pire des affaires, or la mission du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) tout au long de sa noble vie a été de purifier les cœurs et de les orienter vers la croyance en Allah l’Unique.

Cela étant dit, il est donc impensable que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) soit au courant que sa communauté va retourner à l’idolâtrie à cause de l’adoration des tombes, sans les avertir de manière générale et parfaitement. Si tel est le cas alors le sermon du pèlerinage d’Adieu, survenu seulement quelques mois avant sa mort, était le meilleur moment et la plus parfaite occasion pour mettre en garde sa communauté et leur léguer un message qui marquerait les milliers de personnes qui y participèrent.

Dans ce célèbre sermon éloquent, il débuta en disant : « Ô gens ! Écoutez attentivement mes paroles et comprenez, car je ne sais pas si je pourrai vous rencontrer en cet endroit, passé cette année. »

Puis il délivra ses dernières recommandations à sa communauté cependant nulle part il n’est fait mention de l’adoration des tombes et de la grande affaire du Chirk la concernant, au contraire le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur a dit :« Ô gens ! Le diable a perdu tout espoir d’être adoré sur l’une de vos terres. Néanmoins, il cherchera à vous tromper au sujet de vos petites affaires. Soyez donc vigilants à son égard pour la sécurité de votre religion… Vous ai-je délivré fidèlement le Message ? Ô Dieu, sois Témoin ! »

Où se trouve mentionnée cette calamité qui selon eux s’est abattue sur la communauté de l’Islam depuis des siècles, et qu’ils martèlent aux oreilles de leurs auditeurs dans chaque assemblée, chaque sermon, chaque lieu, dans leurs livres, leurs cassettes, leurs universités, sur Internet… ?

Si réellement sa communauté était exposée à tomber dans l’idolâtrie des tombes et la mécréance à leurs sujets, alors le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’aurait pas attendu quelques jours avant son décès pour avertir une petite poignée de ses compagnons, mais il aurait sans aucun doute possible profité de ce rassemblement où il prit Allah a témoin d’avoir bien transmis l’ensemble du message. À la fin du sermon le Prophète leva son index vers le ciel puis, en direction de la foule, s’exclama : « Ô Dieu, sois Témoin ! Ô Dieu, sois Témoin !» Et il ajouta : « Que les présents fassent parvenir ce message aux absents ! » C’est alors que furent révélés quelques-uns des derniers mots du Coran : « Aujourd’hui, J’ai amené votre religion à son point de perfection ; Je vous ai accordé Ma grâce tout entière et J’ai agrée l’islam pour vous comme religion ! » (Sourate 05 La table, verset 03)

Donc revenons à la parole du Prophète : « Allah a maudit les juifs et les chrétiens, car ils ont pris les tombes de leurs prophètes pour lieux de Cultes (Masajidan).» et : « Ô Allah, fais que ma tombe ne soit pas idolâtrée ! Allah maudit les gens qui prennent les tombes de leurs prophètes pour des lieux de prière » afin de comprendre son contexte et sa signification.

Ce qu’il faut prendre en compte avant tout c’est que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était dans la période de sa maladie qui précédait son décès, mais à ce moment-là personne d’entre ses compagnons ne pensait qu’il allait mourir, et par cette allusion il leur annonça son prochain départ.

Ensuite, on pourrait s’interroger sur la raison pour laquelle il prononça de telles menaces devant ses compagnons évoquant le cas des juifs et des chrétiens, alors que lui-même savait que ses compagnons étaient à l’abri de tels agissements. En fait le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’a pas voulu remettre en cause la bonne guidée de ses compagnons ni de sa communauté après eux, mais il s’agit simplement d’un scrupule et d’un souci qui l’agitait avant de les quitter, prouvant la perfection de sa bienveillance envers eux.

C’est aussi pour cette même raison qu’il demanda de quoi écrire un livre tout comme le prouve ce qui est rapporté dans les deux Sahih (Boukhari et Mouslim) selon Ibn ‘Abbas (qu’Allah l’agrée) qui a dit : « Lorsque la douleur du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) s’intensifia, il dit : « Emmenez-moi de quoi écrire afin que je vous écrive un livre après lequel vous ne pourrez pas vous égarer ». ‘Omar (qu’Allah l’agrée) a dit : « La maladie du Prophète s’est intensifiée et nous avons déjà le Livre d’Allah qui nous suffit ». Ils divergèrent (à ce sujet) et ils firent du vacarme, il dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Levez-vous d’ici, il ne convient point de se disputer en ma présence ».

Et dans le Sahih Boukhari, il est mentionné que cela est survenu quatre jours avant sa mort. Dans le Mousnad de l’Imam Ahmed selon ‘Ali (qu’Allah l’agrée) il est rapporté ce qui lui fut ordonné à ce sujet, il a dit : « Le Messager d’Allah m’a ordonné de lui ramener une assiette ou une omoplate afin d’écrire ce qui permettra à sa communauté de ne point s’égarer après lui ».

Il en est de même quant à la perfection de son humilité qui lui fit dire : « Ne préférez pas des prophètes à d’autres » (Rapporté par Ibn Majah, et Mounawi l’a évoqué dans Fayd el Qadir) Et aussi dans un autre hadith authentique : « Ne me préférez pas à Younous fils de Matta »

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit une autre fois : « Ne me préférez pas à Moussa » rapporté par Tahawi dans le commentaire de Ma’ani el Athar.

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit encore : « Nous sommes plus en mesure de douter qu’Ibrahim lorsqu’il dit : « Seigneur montre moi comment tu fais revivre les morts. » » (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

Ainsi, tout comme pour ces propos le Prophète n’a point voulu remettre en cause sa supériorité sur les autres prophètes et messagers ni sur le fait d’y croire, de même pour ses paroles concernant les agissements sur sa tombe, il n’a point remis en cause la guidée de ses compagnons et de sa communauté après eux. Il n’a pas voulu interdire les marques de respect à son égard, ni de visiter sa tombe ou celle des pieux parmi sa communauté, ni n’a invalidé la prière à proximité de leurs tombes ou la présence de tombe dans une mosquée. Et les nobles compagnons ont bien compris cela de sa part et c’est ainsi qu’ils l’ont interprété comme nous allons le voir.

En fait le sens désigné dans le hadith prophétique c’est l’interdiction de se prosterner sur les tombes pour les adorer, c’est ce que signifie le terme « Masajidan » (endroits où on se prosterne –soujoud) et cela ne désigne pas la mosquée en tant que telle, car les juifs et les chrétiens n’appelaient pas leurs lieux d’adoration « Masajid -Mosquée »

L'imam Al-Baydawy a dit : « Vu que les juifs et les chrétiens se prosternaient devant les tombes de leurs prophètes en guise de glorification, les prenaient pour une Qibla vers lequel ils se dirigeaient dans leurs prières en leur vouant un culte idolâtre. Allah les a maudits et interdits aux musulmans de les imiter. Pourtant, il n'y a aucun inconvénient de construire une mosquée à côté du mausolée d'un homme pieux, dans l'intention de s’inspirer de son âme et de profiter de la bénédiction sans aucune intention de le glorifier ou de s’orienter vers lui pour l’adorer. Il a été rapporté que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Dans la mosquée d'Al-Khayf, il y a les tombes de soixante-dix Prophètes ». (Rapporté par El Bazzar avec une chaîne authentique, Ibn Hajr ‘Asqalani l’a authentifié et El Bazzar l’a évoqué dans son Mousnad et il l’a compté parmi les mérites de la Mosquée El Khaïf.

Il est établi aussi qu’Isma’il (sur lui la paix) et sa mère Hajar sont tous deux enterrés dans le Hijr.

Il a été rapporté par Ibn Jarir Tabari dans son commentaire du Qoran que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « La terre de la Mecque […], et les anges tournaient autour de la Maison Sacrée et elle fut la première sur qui on accomplissait le Tawaf. Elle est la terre pour laquelle Allah a dit : « Je vais établir sur la terre un vicaire » (Sourate 2, verset 30), et lorsqu’un prophète voyait sa communauté détruite, ou que lui et les vertueux étaient sauvés alors lui et ses compagnons venaient y adorer Allah jusqu’à leur mort. Et certainement les tombes de Noé, de Houd, de Salih, de Chou’aïb se trouvent entre Zamzam, l’angle et le Maqam. »

Cela fut de même corroboré par Al Azraki dans « Tarikh Mekkah » et Ibn Abi Hatem dans son exégèse, et sa chaîne est détaché-authentique (Moursal Sahih). Il existe de nombreux Athar (dires attribués aux Compagnons et aux Suivants) qui se renforcent les uns les autres, qui mentionnent le nombre de prophètes enterrés auprès de la Ka’ba. Ces deux cas –la Mosquée Sacrée et la mosquée d’El Khaïf- prouvent bien que le Prophète ne déterra point ses tombes pour les sortir de la mosquée, ni n’installa autour un mur afin d’interdire de prier sur ce lieu. Les compagnons ont bien compris cela et eux-mêmes ne le considéraient pas comme illicite, ni comme invalidant la prière ou encore moins qu’il s’agissait de mécréance et de Chirk.

Le compagnon Abou Djandal (qu’Allah l’agrée) a construit une mosquée sur la tombe du compagnon Abou Basir, comme cela est mentionné par Ibn El Athir dans « Asad el Ghaba » avec une chaîne bonne, ainsi que par Souhaïly dans « Roud El Ounf », et il existe une autre chaîne détachée-authentique (Moursal-Sahih) ou bonne évoqué par Ibn AbdelBarr dans « El Isti’ab » comme il est rapporté aussi par El Baïhaqi dans « Dala-il Anoubouwwa », et ce récit est établi par plus de trois cents compagnons et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) en a été informé et l’a corroboré.

Lorsque le Prophète décéda certains compagnons donnèrent l’opinion qu’il soit enterré dans sa mosquée, et d’autres dirent auprès du Minbar, et Abou Bakr informa : « J’ai entendu le Messager d’Allah dire une chose que je n’ai pas oubliée, il a dit : « Allah n’a repris l’âme d’un prophète que dans l’endroit où Il désire qu’il soit enterré. » Enterrez-le dans sa chambre. » Et notre maître Abou Bakr n’a point dit de ne pas l’enterrer dans la mosquée, car cela est illicite, et aucun autre compagnon n’a émis de reproche sur cette opinion. Et le Prophète savait que sa tombe allait se trouver dans sa mosquée, car il a informé : « Entre ma tombe et mon minbar se trouve l’un des jardins du Paradis » et il avait dit à ses compagnons que Médine allait s’élargir.

Il y avait quinze compagnons qui vécurent à l’époque où la mosquée fut agrandie et quant la noble tombe se retrouva à l’intérieur de ses murs, aucun d’entre eux ne s’y opposa et aucun d’entre ne prétendit que c’est illicite en raison du hadith qui s’oppose à cela : « Allah a maudit les Juifs et les Chrétiens […] »

Comme il est étonnant que certains parmi ceux qui dénoncent la présence de tombe dans des mosquées, affirment aujourd’hui que l’introduction de la tombe du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dans sa mosquée fut une erreur et que d’autres encore plus excessif ont réclamé à ce que sa noble tombe et celle de ses compagnons, Abou Bakr et ‘Omar, soient exhumées et sorti de la noble mosquée. Quelle sorte d’aveuglement pousse de soi-disant savants à émettre des jugements contraires à la parole du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ou à l’agissement de ses compagnons (qu’Allah les agrée), ignorants ainsi l’attitude des pieux ancêtres et des millions de savants renommés à travers les siècles qui n’ont jamais déclaré ce qu’ils ont déclaré.

Selon leur interprétation devons-nous conclure encore que la mère des croyants, la fille du véridique, ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) est une « Qoubouri » (adorateur de tombe) et qu’elle a fait un acte d’idolâtrie ou que sa prière est invalide, car elle priait dans sa chambre qui contenait la noble tombe du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il est rapporté dans le Sahih Mouslim que ‘Ourwa a dit : « Un jour, comme Abou Houreyra transmettait les paroles du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), il disait à ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) : « Écoute, ô maîtresse de la chambre ! Écoute, ô maîtresse de la chambre ! » (Afin qu’elle approuve ce qu’il disait) ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) faisait alors la prière (du Douha), et quand elle termina elle dit à ‘Ourwa : « As-tu entendu ce qu’il disait ? Certainement le Prophète quant à lui lorsqu’il parlait on pouvait compter ses mots. » »

Et pourtant c’est bien elle qui a rapporté le hadith où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah a maudit les juifs et les chrétiens, car ils ont pris les tombes de leurs prophètes pour lieux de Cultes (Masajidan).» Cependant, elle avait bien compris l’interprétation des propos du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et au vu de sa prière dans la chambre il est plus qu’évident qu’il est à l’opposé de ceux qui affirment l’invalidité d’une telle prière, ou bien pire encore, accusent d’accomplir un acte de mécréance et d’idolâtrie.

Ce sont ces mêmes personnes qui dénoncent l’attachement au mérite de la visite de la tombe prophétique ou celles des hommes vertueux, ils refusent la sagesse Divine qui institue que la compagnie des vertueux et leur visite est une cause de profit de la part d’Allah, et ce qu’il soit vivant ou mort, car leur lien avec Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) demeure et il n’est point interrompu par l’ensevelissement de leurs corps.

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Auprès d’Allah se trouve les armoires du bien et du mal, leurs clés sont les hommes, alors bienheureux celui dont Allah a fait une ouverture pour le bien et une fermeture pour le mal, et malheur à celui dont Allah a fait une ouverture pour le mal et une fermeture pour le bien. » (Tabarani, Dhiya selon Sahl ibn Sa’d (qu’Allah l’agrée) –Bon-HASAN-)

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Il y a parmi les hommes des gens qui sont des clefs pour le bien et des serrures pour le mal, et il y a parmi les hommes des gens qui sont des clefs pour le mal et des serrures pour le bien. Bienheureux celui dont Allah a mis dans ses mains les clefs pour le bien et malheur à celui dont Allah a mis dans ses mains les clefs pour le mal. » (Ibn Majah selon Anas (qu’Allah l’agrée) –HASAN-)

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Il y a parmi les serviteurs d’Allah ceux qui, s’ils adjuraient sur Allah, Il ne les démentirait pas. » (Ahmed, Boukhari et Mouslim, Abou Daoud, Nassa-i, et Ibn Majah selon Anas (qu’Allah l’agrée) –SAHIH-)

La tombe en elle-même n’est rien et n’apporte rien, mais c’est par le biais de la personnalité vertueuse qui y est inhumée, son respect et son amour, qu’Allah accorde bienfait et mérite en ce monde et en l’au-delà.

Ceux qui déclarent mécréant une personne parce qu’elle a pour objectif de visiter la tombe du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ou autres que lui parmi les Aouliya pour tirer profit de leur bénédiction, ils sont ignorants de la signification de l’adoration, et ils ont divergé avec les musulmans, car tous les musulmans depuis les Salaf et ceux qui leur ont succédé, ils ne cessent de visiter la tombe du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Et le sens de la visite pour tirer bénédiction ne signifie nullement que le prophète va leur créé une bénédiction, mais le sens signifie qu’ils espèrent qu’Allah leur créera une bénédiction par la cause de la visite de sa tombe.

La preuve de cela est ce qui est rapporté par Baïhaqi avec une chaîne authentique selon Malik Darri (qu’Allah l’agrée) qui était le trésorier de ‘Omar (qu’Allah l’agrée) (c'est-à-dire durant son Khalifa), qui a dit : « Les musulmans furent frappés d'une grave sécheresse (elle dura 9 mois) du temps de 'Omar ibn el Khattab. Un homme (c'est-à-dire un compagnon) alla à la tombe du Messager d'Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et dit : « Ô Messager d'Allah! Demande à Allah la pluie pour ta communauté, car ils périssent. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) vint le voir en rêve et dit : « Va chez 'Omar, passe-lui mon salut, informe-le qu'ils recevront la pluie et dis-lui : « réfléchis, sois intelligent ! » L'homme partit chez 'Omar (qu’Allah l’agrée) et l'informa. Il pleura et dit : « Seigneur ! Je m'efforce de ne rien négliger, sauf ce qui dépasse mes capacités. »

Dans l’exégèse il est mentionné que cet homme est Bilal ibn Harith el Mazani, un compagnon, et ce compagnon s’est dirigé vers la tombe du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour tirer la bénédiction et ni ‘Omar ni personne d’autre ne lui ont reproché son attitude donc l’avis prétendant qu’il s’agit d’une visite de Chirk est irrecevable. Ce hadith est authentique à la fois par la chaîne de transmission et dans le contenu du texte, plusieurs affirmations, souvent malhonnêtes et même mensongères, ont été faites par ceux qui considèrent cela comme Chirk pour invalider ce hadith ou le faire considérer comme défectueux, mais les Houffadh du hadith, gardien de la parole authentique du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’ont laissé aucune ambiguïté sur son authenticité et seuls les ignorants de la science du hadith peuvent prendre en compte leurs divagations.

Parmi ces tentatives certains ont répliqué en prétendant que Malek Darri est un personnage inconnu dont on ne peut évaluer la fiabilité, or il est fermement établi que ‘Omar ne prenait comme trésorier que des gens de confiance. De plus, contrairement à leur affirmation il ne fut point inconnu et des maîtres en hadith l’ont reconnu comme une personne digne de confiance tel que Ibn Sa’d, l’imam Abou Ya’la Khalali Qazwani, l’imam Ibn Hibban, l’imam Boukhari dans son « Tarikh », Hafidh Ibn Hajr ‘Asqalani dans « Isaba », et Ibn Kathir a authentifié sa chaîne dans El Bidaya.

Quant aux pieux ancêtres (Salaf) ils ont été aussi dans ce sens concernant le mérite de telles visites, El Hafidh Walioudin el ‘Iraqi, célèbre savant Chafi’ite a dit au sujet du hadith de Abou Houreyra où Moussa (sur lui la paix) a dit : « Seigneur, rapproche-moi de la terre Sainte à une distance d’un jet de pierre » et où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Par Allah, si nous étions auprès de lui je vous montrerais sa tombe à côté du chemin, près d’un monticule de sable rouge. » Ici se trouve mentionné le mérite de connaitre l’emplacement des tombes des prophètes et des vertueux afin de les visiter et de répondre à leurs droits. » Fin de citation

L’imam Abou Wafa ibn ‘Aqil el Hanbali qui est l’un des piliers de l’école juridique hanbalite, il a évoqué que parmi ce qu’il est recommandé de dire lors de la visite de la tombe du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) il y a : « Ô Allah tu as dit dans ton livre à ton Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Si, lorsqu'ils ont fait du tort à leurs propres personnes ils venaient à toi en implorant le pardon d'Allah et si le Messager demandait le pardon pour eux, ils trouveraient, certes, Allah, Très Accueillant au repentir, Miséricordieux. » (Sourate 04 Les femmes, verset 64) aussi je me présente à ton Prophète repenti et implorant le pardon, je te demande de m’accorder ton absolution comme tu l’accordais à celui qui venait à lui de son vivant, ô Allah je m’oriente vers Toi par l’intermédiaire de ton Prophète, le prophète de la miséricorde. Ô Messager d’Allah je m’oriente par toi vers mon Seigneur afin qu’Il me pardonne mes péchés. » Après cela comment certains peuvent affirmer que la visite de la tombe du Prophète dans l’objectif de tirer une bénédiction et de le prendre comme intermédiaire est une visite idolâtre ???

L’un des maîtres en Hadith et l’un des juristes Chafi’i se nommant Hafidh Sirajdin ibn Moulqin, a parlé dans son livre « Tabaqat al Aouliya » qui évoque la biographie des Saints parmi les pieux ancêtres et ceux qui leur ont succédé, il a dit : « Je suis parti auprès de la tombe de Ma’rouf el Karkhi où j’ai stationné et invoqué Allah là-bas, près de sa tombe. » M’arouf Karkhi est parmi les saints honorables et célèbres de Baghdad, connus auprès de tous et dont la tombe est visitée pour la bénédiction.

Le célèbre Hafidh Khatib el Baghdadi a dit dans son « Tarikh Baghdad » selon Hassan ibn Ibrahim el Khalali, l’imam des Hanbalite à son époque, qu’il a dit : « Il n’y a pas une situation qui ne m’a préoccupé sans que je n’aie visité la tombe de Moussa (el Kadhim) fils de Ja’far (As-Siddiq), que j’ai prié Allah par son intermédiaire et qu’Allah le Très Haut ne m’ait alors facilité ce que je désirais. » Ibn Jaouzi l’a évoqué aussi dans sa biographie de Moussa el Kadhim (qu’Allah l’agrée).

Il a été rapporté encore par el Hafidh Khatib el Baghdadi dans son « Tarikh » selon l’un des pieux ancêtres disciple de l’imam Ahmed ibn Hanbal, Ibrahim el Harabi qui était un grand savant dans le hadith, la jurisprudence et un ascète, et l’imam Ahmed lui envoyait son fils afin qu’il apprenne le Hadith. Ce maître a dit : « La tombe de Ma’rouf (Karkhi) est un antidote expérimenté » incitant par là même à la visite de la tombe de Ma’rouf pour tirer une bénédiction en raison de son grand profit.

Hafidh Khatib el Baghdadi a rapporté au sujet de ‘Oubeïdallah ibn ‘Abdrahman ibn Mohamed Zouhri, un juriste et savant célèbre, reconnu pour sa fiabilité par les Houffadh, qu’il a dit : « J’ai entendu mon père dire : « La visite de la tombe de Ma’rouf Karkhi est efficace pour la résolution des besoins. » Et il a dit : « Celui qui récite auprès de lui cent fois la Sourate Ikhlas et qui demande à Allah le Très Haut ce qu’il désire, Allah lui accordera sa demande. »

Il s’agit là d’un aperçu suffisant prouvant que, contrairement à leurs affirmations, les Compagnons et les pieux ancêtres n’ont jamais prétendu unanimement qu’il est considéré comme mécréance et idolâtrie la croyance au mérite de la visite de la tombe du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et des Saints.

Quant à la construction sur les tombes cela est sujet à divergence certains le permettant, d’autres le réprouvant (Makrouh) et d’autres l’interdisant selon certaines circonstances. La permission est réservée aux gens pieux et aux savants afin que soit respecté leur sacralité immuable et que celle-ci ne soit pas bafouée par les irrespectueux d’entre le commun des gens. Ce cas étant un point de divergence dans les branches de la loi (Al Fourou’) chacun peut choisir l’avis qu’il considère comme plus proche de la vérité, mais sans avoir le droit de réprouver celui qui considère un avis différent du sien.

Al-Khattabi a dit dans « Gharib al-Hadith » : « La divergence en religion est de trois sortes : - En statuant sur le Créateur et son Unicité : Les renier est de la mécréance (kufr) ; En statuant envers Ses Attributs et Sa Volonté : Les renier est une innovation ; - En statuant sur les différentes branches de la loi (ahkam al-furu`) : Allah en a fait une Miséricorde et une Générosité pour les savants, et c’est le sens de ce hadith : « la différence d’opinions dans ma Communauté est une Miséricorde. » Al-Jarrahi le cite dans « Kashf al-Khala » »

Dans son livre « al Khadim », l'Imam al Zarkashi dit : « Dans « al Ihya » et « al Wasit », Al Ghazali indique l'autorisation de construire au dessus des tombes des savants de la religion, des Chouyoukh de l'Islam et des gens pieux. Et il n'est pas exagéré (de dire) que cette permission est basée sur le fait de les honorer. »

Il est rapporté dans « Rouh el Bayan » à la parole du Très Haut qui dit : « Ne peupleront les mosquées d'Allah que ceux qui croient en Allah et au Jour dernier, accomplissent la Salat, acquittent la Zakat et ne craignent qu'Allah. Il se peut que ceux-là soient du nombre des bien-guidés. » (Sourate Le repentir 9, verset 18) ce qui suit :

« Cheikh Abdelghani Naboulsi a dit dans « Kachf Nour ‘an As-hab el Qoubour » : « Sache que l’innovation louable qui concorde avec les attentes de la Loi est nommé : Sunna. Ainsi la construction de coupole sur les tombes des savants, des Saints et des vertueux, ainsi que le fait de suspendre des rideaux, des turbans ou des habits sur leurs tombes tout cela est permis (Ja-iz) si l’objectif est de permettre aux communs des gens de les respecter et de ne pas mépriser l’habitant de cette tombe […] »

Ainsi ce domaine n’a rien à voir avec l’adoration des tombes, ni n’entre dans le cadre de la croyance et de son altération, il s’agit d’avis divergents dans les branches de la loi comme certains ont divergé sur le cas de l’embellissement des mosquées. En effet le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Dieu ne m'a pas demandé de construire les mosquées superbement (tashyîd ul massâdjid). » Ibn Abbâs ajoutait ensuite : « Vous décorerez (zakhrafah) vos mosquées comme les [gens d'autres religions] ont décorés leurs lieux de culte. » (Abû Daoûd).

On peut constater que la plupart des mosquées sont embellies, et la Mosquée de la Mecque comme celle de Médine en sont des signes apparents, aucun savant n’a pourtant prôné qu’il faille détruire ces apparats, car c’est une adoration des mosquées. Cela est un avis touchant aux branches de la loi et non à la croyance et son altération.

Il est clair pour celui qui voyage de l’Orient à l’Occident dans les pays musulmans qu’il trouvera en abondance la présence de coupoles et mausolées sur les tombes des Compagnons, des savants et Saints de la Communauté. Ces pays ne sont pas vides de savants, de Moufti, de juristes, d’érudits dans la science des fondements de la religion ou de Maîtres en hadith. Si pendant des siècles ces monuments ont été épargné c’est parce qu’il correspondait à une opinion l’autorisant que chacun se doit de respecter même s’il est d’un avis contraire.

La communauté du Prophète n’a pas été éprouvée dans l’altération de sa croyance et de son adoration, mais plutôt dans ce climat de querelles qui semblent régner et qui altère le respect des uns et des autres. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Chaïtan a désespéré de se voir adorer par ceux qui prient, mais pas de provoquer des querelles entre eux. » (Rapporté par Ahmed, Mouslim, Tirmidhi selon Jaber et Albani l’a déclaré bon-Hasan).

Aussi ne succombez pas à la tentation de détester ceux des membres de cette communauté qui vous accusent d’actes de mécréance, à vous de ne pas agir tel qu’eux et de pardonner leur ignorance.

« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, qui, lorsque les ignorants s'adressent à eux, disent : “Paix” » (Sourate 25 Le discernement, verset 63)

Voici un aperçu de ce que l’on peut voir en parcourant le monde musulman, au-delà du fait de l’authenticité de l’identité des occupants de ces tombes, leur identité présumée a suffi pour que ces personnages soient préservés.

La noble tombe du Prophète (paix et salut sur lui)
La noble tombe du Prophète (paix et salut sur lui)


Saïda Roqayya, fille de l’imam Housein, petit-fils du Prophète (paix et salut sur lui)
Saïda Roqayya, fille de l’imam Housein, petit-fils du Prophète (paix et salut sur lui)


Saïda Zaynab, petite fille du Prophète (paix et salut sur lui)
Saïda Zaynab, petite fille du Prophète (paix et salut sur lui)


Le prophète Houd (as) (Hadramawt- Yémen)
Le prophète Houd (as) (Hadramawt- Yémen)


Le prophète Yahia (as) (Syrie)
Le prophète Yahia (as) (Syrie)


Mausolée du compagnon Ibn Oum Maktoum (ra)
Mausolée du compagnon Ibn Oum Maktoum (ra)


Mou’awiya et trois autres compagnons (ra)
Mou’awiya et trois autres compagnons (ra)


Le compagnon Bilal al Habashi (ra)
Le compagnon Bilal al Habashi (ra)



‘Oqbaf ibn Nafi’
‘Oqbaf ibn Nafi’ (ra)



Le compagnon Salman el Farisi (ra)
Le compagnon Salman el Farisi (ra)


Abdallah ibn ‘Abbas (ra) (Taïf)
Abdallah ibn ‘Abbas (ra) (Taïf)


Le compagnon Abou Darda et 16 autres Compagnons (qu’Allah les agrée)
Le compagnon Abou Darda et 16 autres Compagnons (qu’Allah les agrée)


Le compagnon Abou Darda et 16 autres Compagnons (qu’Allah les agrée)
Le compagnon Abou Darda et 16 autres Compagnons (qu’Allah les agrée)


Le compagnon Zayd ibn haritha (Jordanie) (ra)
Le compagnon Zayd ibn haritha (Jordanie) (ra)


Le compagnon Ja’far ibn Abou Talib (ra)
Le compagnon Ja’far ibn Abou Talib (ra)


Le compagnon Mou’adh ibn Jabal (ra)
Le compagnon Mou’adh ibn Jabal (ra)


Le compagnon Abou ‘Oubeida ibn el Jarrah (ra)
Le compagnon Abou ‘Oubeida ibn el Jarrah (ra)


Omar ibn Abdelaziz à Alep

Omar ibn Abdelaziz à Alep
Omar ibn Abdelaziz à Alep


Imam Chafi’i (ra) (savant)
Imam Chafi’i (ra) (savant)


Abou Hanifa (ra) (savant)
Abou Hanifa (ra) (savant)


Imam Boukhari (ra) (maître en hadith)
Imam Boukhari (ra) (maître en hadith)


Hafidh Ibn ‘Asakir Dimashqi (ra) (savant)
Hafidh Ibn ‘Asakir Dimashqi (ra) (savant)


Muwafaq Din Ibn Qudamah al Maqdisi (ra) (savant)
Muwafaq Din Ibn Qudamah al Maqdisi (ra) (savant)


Ibn Taymya (ra) (savant)
Ibn Taymya (ra) (savant)


Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe