Le détenteur du secret éclatant, l’élu vertueux, le grand connaissant, l’exemple le plus réputé, celui qui a aimé Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et qui est aimé par lui. Il partageait son assemblée et était son accompagnateur, Abou-l-Hassan Sidi Hajj ‘Ali Amlas (qu’Allah l’agrée). Cet homme fait partie des élites de l’élite, très proche de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) dont il avait accès aussi bien en sa présence qu’en son absence, ce qui n’était pas accordé aux autres.

Il était chimiste et préparait des substances bénéfiques pour la guérison de certaines maladies. Un jour où il était à la Zaouiya bénie, il faisait l'extraction d’une substance particulière par l’autorisation de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret). Pendant son travail, le Wali et Chérif Sidi El Hafidh Ben ‘Adwa (qu’Allah l’agrée), frappa à la porte de la Zaouiya bénie en appelant Sidi Hajj ‘Ali Amlas par son nom. Lorsque Sidi Hajj ‘Ali (qu’Allah l’agrée) lui ouvrit la porte, le Wali en question lui dit : « Je voudrais, par la grâce d’Allah, que vous me donniez la graisse que vous êtes en train de produire ». Sidi Hajj ‘Ali Amlas lui répondit : « Ô maître, je n’ai pas l’autorisation de vous accorder ce que vous désirez ». Sidi Hafidh (qu’Allah l’agrée) insista et fit des invocations en sa faveur, mais Sidi Hajj ‘Ali (qu’Allah l’agrée) répondit : « Je jure par Allah que je ne vous le donnerai que par l'autorisation de Seïdina » Il lui dit alors : « Demande-lui l'autorisation » tout en lui donnant la mèche d'une lampe.

Sidi Hajj ‘Ali (qu’Allah l’agrée) partit donc trouver Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) afin de l’informer et il le trouva comme si justement il l’attendait. Sidi Hajj ‘Ali Amlas (qu’Allah l’agrée) lui dit alors : « Ô maître, le Majdhoub Sidi Hafidh me demande de lui graisser cette mèche » Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui répondit : « Ne le fais pas, rends-lui sa mèche et surtout ne la graisse pas avec cette matière. » Après ça, il la lui rendit en disant : « Seïdina m’a interdit de la graisser avec cette matière. » Sidi Hafidh (qu’Allah l’agrée) a donc répondu : « Comme il le désire ! » et il partit.

Plus tard, Sidi Hajj ‘Ali Amlas (qu’Allah l’agrée) demanda à Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) la raison pour laquelle il lui avait interdit de graisser la mèche. Il lui répondit : « Déjà les gens n’ont pas réussi à accéder là où il en est sans que tu lui graisses, alors qu’en penses-tu si tu l’avais fais ? » Ici se dévoile, qu'en réalité cette mèche n’était que le symbole du prestigieux pouvoir de gérance et de contrôle des choses (Tasrif : haute station spirituelle particulière de certains saints) que possédait Sidi Hafidh (qu’Allah l’agrée). Or il a voulu à travers cela, demander à compléter son pouvoir de gérance, ce que Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui a interdit.

Le Fqih Sidi Abdsalem Banani (qu’Allah l’agrée) a rapporté qu’une fois Sidi Hafidh a pénétré dans la Zaouiya bénie et il est parti accomplir ses ablutions. Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) était avec quelques-uns de ses compagnons et on l’a informé que Sidi Hafidh Ben ‘Adwa (qu’Allah l’agrée) était allé faire ses ablutions. Seïdina s’est tourné dans sa direction et lorsqu’il le vit il dit aux compagnons présents avec lui : « Je l’ai vu présent dans l’assemblée cachée des saints sans que je ne sache son nom ».

Sidi Hafidh (qu’Allah l’agrée) a eu l’Ouverture spirituelle (Fath) par le fait qu’il chantait abondamment l'éloge du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) jusqu’à ce que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui-même soit venu. Il lui a donné un verre de lait qu’il but et à la suite de cela, il eut l'Ouverture. De plus, par sa station, il sort de l'autorité du Pôle qui n’a pas de pouvoir sur lui. Il a été rapporté par certains de ses compagnons ayant eu l’Ouverture que Sidi Hafidh (qu’Allah l’agrée) avait affirmé qu'il est arrivé à une station à laquelle seulement trois personnes peuvent accéder tous les mille ans et que cette station n’avait pas été atteinte depuis plusieurs époques. On peut compter parmi ses étranges prodiges (Karamat) le fait qu’en préparant du café il mettait du poison dedans, ensuite il le buvait et en faisait boire à ses compagnons sans que cela leur fasse le moindre mal.

Sache que Sidi Hajj ‘Ali Amlas (qu’Allah l’agrée) avait une place honorable et respectueuse auprès de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et que Seïdina ne s’adressait à lui qu’à travers le terme de Maître. Il a été rapporté qu’une fois Sidi Hajj ‘Ali Amlas (qu’Allah l’agrée) est rentré chez Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) alors que le coiffeur lui coupait les cheveux. Il vit traîner par terre le turban de Seïdina, il le prit et le mit sur sa tête pour en tirer la bénédiction (Baraka). Par le simple contact avec sa tête, il sentit que ses yeux allaient sortir de leurs orbites, et cela, en raison des secrets que portait ce turban par le contact qu’il avait avec la noble tête de Seïdina Ahmed Tidjani. Il mit alors ses mains dessus et hurla. Seïdina le vit et lui dit : « Tu ne peux pas supporter cela » et le lui enleva de la tête, tout en invoquant la douceur d’Allah afin que ses yeux ne soient pas perdus en raison de l’intensité de ce qui s’est manifesté comme éclat. Ainsi, Sidi Hajj ‘Ali Amlas (qu’Allah l’agrée) est resté malade pendant une certaine période jusqu'à ce qu’Allah lui envoie la guérison.

Une fois, Sidi Hajj ‘Ali Amlas demanda à Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) d’invoquer le bien pour un de ses enfants, Seïdina Ahmed Tidjani lui caressa les cheveux avec sa noble main et il dit : « Il est de nous et il revient à nous, lui et ses enfants et ceux qu’ils engendreront jusqu’au jour de la résurrection ». Il figure parmi les plus anciens compagnons de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et chaque fois qu’il écrivait aux disciples de Fès il transmettait, à lui et ses enfants, un salut particulier et il invoquait le bien pour eux.

Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe