Il avait la garantie du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), ainsi que son frère, d’avoir la perfection dans la Connaissance d'Allah. Il a été rapporté, par Sidi Abdelaoui (qu’Allah l’agrée) à propos de notre personnage, des choses si étonnantes qu'elles ne peuvent être conçues par la raison. Il était le rassembleur des secrets, la source des prodiges extraordinaires, au pouvoir de gérance apparent, qui prenait un grand soin à préserver ses secrets et ceux de Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret).

Sidi Mohamed El Habib (qu’Allah l’agrée) est né à Fès de sa mère Moubaraka alors que son frère est né à Boussemghoune, de sa mère qui s'appelle Mabrouka. Lors du décès de Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) il avait 15 ans. Il est alors parti, avec son frère, de Fès pour 'Ain Madhi accompagné par le Pôle Sidi Hajj 'Ali Tamacini (qu’Allah l’agrée), conformément à la dernière recommandation de leur noble père.

Il a fait son pèlerinage l'année 1265 de l'hégire (1848 ap.JC), c'est de là-bas qu'il ramena sa servante Zahra, la mère de son fils Sidi Ahmed ibn Salim (connu aussi sous l’appellation d’Ibn el Habachiya). L'enfant mourut du vivant de Sidi Mohamed El Habib (qu’Allah l’agrée). Il annonça par ailleurs, suite aux funérailles de son fils, ceci : « Tous ceux qui ont assisté à la cérémonie funéraire de mon fils entreront au Paradis ! ». II lui a été fait remarquer que 'Ali Zalat un consommateur de drogue et Chemha la juive y avaient aussi assistés, il a répondu : « Même eux ».

Plus tard, il s'est avéré que 'Ali Zalat a arrêté de consommer de la drogue et il eût l'apparition du Fath. Quant à Chemha elle tomba malade après la mort de Sidi Mohamed El Habib (qu’Allah l’agrée) et elle demanda à ses enfants de l'emmener à 'Aïn Madhi. Dès qu'elle arriva à côté du tombeau de Sidi Mohamed El Habib (qu’Allah l’agrée) elle proclama l'attestation de foi à haute voix et elle ne cessa pas malgré les coups que lui infligèrent ses enfants, jusqu'à sa mort.

Il a été rapporté qu'il fît son pèlerinage en compagnie de compagnons de Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret). Parmi eux se trouvait le maître Souleïman ibn Sa'd (qu’Allah l’agrée). Lors de leur arrivée en Égypte, les savants vinrent visiter Sidi Mohamed El Habib (qu’Allah l’agrée), mais il ne parla à aucun d'entre eux, s'occupant de ses oraisons par crainte que ceux-ci ne se nuisent à eux-mêmes en constatant que Sidi Mohamed El Habib (qu’Allah l’agrée) ne maîtrisait pas la langue arabe.

Dès son retour à 'Aïn Madhi il s'attacha à apprendre la grammaire et la science. C'est ce qui convient aux fils de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret). Ils doivent s'occuper de la science afin qu'ils s'ennoblissent encore plus corporellement et spirituellement, bien qu'ils le soient déjà par leur haut degré dans la foi et la perfection. Cela permet aux gens de profiter d'eux extérieurement et intérieurement, sachant que la science attire les élites et le commun pour en tirer profit.

Il a été rapporté que le Bey, gouverneur d'Alger, a écrit au Bey, gouverneur de Tunisie, afin qu'il capture Sidi Mohamed El Habib (qu’Allah l’agrée) lors de son retour du pèlerinage. Lorsqu'il arriva à Tunis, le Bey lui conseilla de passer par le désert jusqu'à 'Aïn Madhi et le mit en garde contre les habitants d'Alger. Car les ennemis des fils de Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) incitèrent contre eux tous les gouverneurs, en Algérie.

Il a été rapporté que le gouverneur d'Oran a écrit aux habitants de Laghouat, après avoir capturé environ 400 personnes d'entre eux, afin qu'ils livrent les enfants de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) en échange des otages. Parmi eux se trouvaient le fils de Bouchaîba (qu’Allah l’agrée) et le fils d'Ahmed Lakhdar (qu’Allah l’agrée) qui étaient des anciens compagnons de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret).

Les compagnons de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) dans lesquels se trouvaient Sidi Ahmed Lakhdar, Sidi Bouchaîba, Sidi Ahmed ben Selem et d'autres (qu’Allah les agrée), se réunirent pour se concerter sur cette affaire. Le Pôle Sidi Hajj 'Ali Tamacini (qu’Allah l’agrée) était présent avec eux, sans qu'il ait été pourtant convoqué.

Dans l'assemblée était présent un compagnon (qu’Allah l’agrée), qui la veille avait vu en rêve Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) qui lui a dit : « Mohamed El Kebir va vers l'Est et Mohamed Es-Seghir va vers l'Ouest »

Sidi Hajj 'Ali Tamacini (qu’Allah l’agrée) lui dit, sans qu'il ne soit informé par ce compagnon de la vision : « Qu'est-ce que t'a dit Seïdina la veille ? », il a répondu : « II m'a dit : faite cela et cela ». Alors le Pôle Sidi 'Ali Tamacini (qu’Allah l’agrée) déclara à l'assemblée : « Comment pourrions-nous donner les fils de Seïdina aux Turcs pour qu'ils jouent avec ? »

Ensuite il a ordonné à Sidi Mohamed El Habib (qu’Allah l’agrée) de partir pour Boussemghoun en empruntant le chemin du désert, ce qui fut fait, tandis qu'il a pris avec lui Sidi Mohamed El Kebir (qu’Allah l’agrée) jusqu'à Tamacine où il le maria à sa fille. Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) les a ainsi protégés de la ruse des Turcs.

Sid Mohamed El Kebir (qu’Allah l’agrée) resta à Tamacine un certain moment puis retourna à Boussemghoun, c'est là-bas qu'il reçu l'ordre de combattre les ennemis et ce fut l'événement qui engendra son martyr.

Lorsque le Pôle Sidi 'Ali Tamacini (qu’Allah l’agrée) fut mis au courant de cela, il reprocha aux compagnons de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) de l'avoir laissé partir et qu'il aurait même fallu couper la selle de sa monture.

Les compagnons dirent à Sidi Hajj 'Ali Tamacini (qu’Allah l’agrée) que si Sidi Mohamed El Habib (qu’Allah l’agrée) désirait se venger, ils seraient à ses côtés quoi qu'ils leur en coûtent. Sidi Hajj 'Ali Tamacini (qu’Allah l’agrée) témoigna alors de leur amour sincère, puis il ajouta : « Il y a des gens à qui Allah ordonne de faire certaines choses qui ensuite se retournent contre eux, car l'ordre d'Allah est un décret prédestiné ».

Sidi Mohamed El Habib (qu’Allah l’agrée) est mort à 'Ain Madhi en 1269 de l'hégire et il est enterré dans la même tombe que son fils, Sidi Ahmed ibn El Habachiya (qu’Allah l’agrée) dans sa Zaouiya Bénie, qu'Allah leur fasse miséricorde.

Recherche et traduction par la Zaouiya El Koubra d’Europe