Le savant, qui a la maîtrise des sciences apparentes et cachées, rassemblant en lui les mérites et les bienfaits dispersés. Il fut aimé de Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret), qui avait pour lui un regard respectueux en raison de son amour sincère et de son aspiration élevée. Il était accroché fermement à la corde de la Sunna, la tenant fermement par ses mâchoires, et il ne se taisait pas lorsqu’il constatait une innovation, ou ceux qui la pratiquait.

Une fois, Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui demanda : « Que penses-tu de moi ? ». Il répondit : « Ce que je vois en toi qui est conforme à la Loi, je l’accepte et je le pratique, et lorsque je vois le contraire, je le délaisse ». Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui répondit : « Reste dans cet état, mais ne critique pas des choses que tu ne comprends pas, pensant que tu es dans la vérité alors que tu n’y es pas ». Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) le regardait par l’œil de l’agrément en sa présence comme en son absence et l’a couvert de son amour. Il faisait partie des savants particuliers de cette Tariqa.

Notre personnage a pris la Tariqa à Fès, en voici la cause :

Il partit étudier à Fès. Il allait, avec un étudiant qui faisait partie des compagnons de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret), jusqu’à la Zaouiya et il s’asseyait loin des frères attendant son compagnon. Il était habituel que Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) reste dîner avec les gens présents.

Or, une fois, Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui dit : « Ô ! Le Tunisien, tu es notre compagnon (dans la voie) ». Il répondit : « Ô ! Sidi, je suis le compagnon du couscous et de la viande ». Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui dit alors : « Qu'est-ce qui t’empêche de prendre notre ouird ? » Il lui répondit : « Moi, je le prends de mon Seigneur qui a dit : " Allah et ses anges prient sur le Prophète ; Ô ! Vous qui croyez priez sur lui et adressez-lui vos salutations " ». Et Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) se tut.

Lorsque notre personnage retourna dans sa chambre à la Madrasa, il ne trouva pas le repos et ne put dormir. Il se blâmait d’avoir répondu ainsi à Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret), craignant qu’il s’agisse d’une mauvaise conduite envers lui et surtout que les formules d’évocations ou autres obtenues par une autorisation particulière soient plus profitables que celles obtenues par l’autorisation générale.

Il se disait à lui-même : « C’est comme si je n’avais jamais lu la parole d’Ibn ‘Achir qui dit : " Celui qui tient compagnie à un cheikh connaissant le cheminement, se préserve ainsi dans sa route de la perdition " ». Il se leva au milieu de la nuit et partit à la Zaouiya, mais il la trouva fermée. Il s’endormit alors devant la porte jusqu’à l’arrivée de l’heure de la prière du soubh.

Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) arriva et il prit la Tariqa. Puis, Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) mit sa main sur sa poitrine et il implora en ces termes : « Ô Allah ! Rends-le versé dans les sciences de la religion » Depuis ce jour, il ne cessa d’augmenter par des ouvertures dans cela.

Voici une lettre que Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui renvoya :

« Ensuite, nous demandons à Allah qu’Il déverse sur toi la douceur et le repos par rapport à ce dont tu t’es plains, et nous Lui demandons qu’Il te regarde par l’œil de la douceur, de la miséricorde, de la préservation contre tous les malheurs, et qu’Il te fasse atteindre l’ensemble de tes espérances et qu’Il soit ton tuteur dans la résolution de tous tes besoins dans ce monde et dans l’au-delà, et nous Lui demandons qu’Il déverse sur toi les océans de son agrément et de sa grâce dans ce monde et dans l’au-delà. Amine.

Quant à ce que tu m’as écrit, concernant les agissements des Waly passés contre les vicissitudes du sort, me demandant d’agir de la sorte contre les maux qui t’accablent afin d’en être délivrés, la réponse est :

La situation des Waly ne marche pas selon une seule règle, ni sur un seul chemin et ne marche pas non plus dans tout ce qu’ils veulent, mais leur affaire est abandonnée à Allah et suit la règle de sa Volonté propre (Machiya) ainsi aucun Waly n’a réglé une affaire de son propre choix, ni n’a agi dans une chose par son ordre personnel et selon sa volonté à lui, mais tout cela suit le décret de la Volonté d’Allah car c’est Lui qui fait ce qu’Il veut.

Combien de Waly font apparaître leurs prodiges au su de l’ensemble des gens, où ils veulent et comme ils veulent et combien d’autres à la valeur immense et aux stations élevées se sont détournés de l’existence par Allah au point de ne rien connaître d’autre en dehors d’Allah, et s’ils veulent agir et faire apparaître les prodiges, comme il est connu par les Waly, ils sont défendus de le faire par le décret de la Volonté propre d’Allah, pour des raisons qu’Allah seul connaît.

Djounaïd (qu’Allah l’agrée) a dit : « Des hommes ont marché avec certitude sur l’eau alors que des hommes meilleurs qu’eux sont morts de soif »

Quant à l’affaire pour laquelle tu m’as demandé d’agir afin de faire disparaître son mal, sache que je n’y trouve aucune issue, ni ruse, ni moyen, et tout cela, par le Décret d’Allah et sa Prédestination, et Allah dit la vérité et c’est Lui qui guide sur le chemin, et les élites dans leurs ensembles et leurs particularités ne suivent pas une mesure bien précise, car le Décret n’appartient qu’à Allah par sa Volonté propre pour toutes les situations des gens. Et qu’Allah prie sur son Prophète, Salam ».

Sidi Mohamed ibn Souleïman (qu’Allah l’agrée) est enterré en Tunisie, qu’Allah lui fasse miséricorde.

Recherche et Traduction par la Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe