Il comptait parmi l’élite des compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret), de ceux qui le connaissaient avant qu’il n’obtienne l’autorisation de transmission et qui l’ont suivi par la suite, recueillant par son intermédiaire des secrets et des lumières. L’éminent intermédiaire Sidi Mohamed Ibn ‘Arabi Damraoui (qu’Allah l’agrée) lui accordait une grande valeur, il reconnaissait en sa personne la grâce et la perfection de la connaissance. Il considérait que Sidi Hajj Moussa était au même degré que Sidi ‘Abdallah Ibn Sa’d (qu’Allah l’agrée), une élite parmi les aimés de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret).

Dans une lettre que Sidi Hajj Moussa expédia à Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret), il sollicita son autorisation pour lui et son compagnon afin qu’ils puissent évoquer les deux noms « Ya rahman, ya rahim » (selon un certain procédé), cela à n’importe quel moment. Depuis, ils s’occupaient de le faire chaque nuit du jeudi du ‘Icha au lever du soleil jusqu’à ce qu’ils eurent atteint l’exaucement. Dès lors, lorsqu’ils désiraient quelque chose ils évoquaient ces deux noms un certain nombre de fois puis ils disaient : « Réponds, Ô ! Serviteur de ces deux nobles Noms et fais ceci et cela pour nous ». Les encens qu’ils utilisaient la nuit du jeudi, étaient le « Jaoui » sans rajouter autre chose au commencement de l’évocation.

Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret), avant d’avoir atteint le Fath, autorisait l’évocation des Noms à ses aimés ainsi qu’à ses proches et ses élites parmi ceux qui étaient fermement attachés à lui. Ces évocations étaient en vue du bienfait qu’elles procuraient dans l’acquisition des biens particuliers, afin de les aider à atteindre la vérité ou pour repousser la nuisance provenant des créatures. Par la suite, il s’en détourna complètement et il ne se préoccupait que de ce qui était profitable aux communs des gens, quant aux élites ils continuaient de les accomplir. Ensuite, Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) le défendit à tous ceux qui employaient leur temps dans de tels actes, jusqu’à interdire au noble intermédiaire Sidi Mohamed Ibn ‘Arabi Damraoui (qu’Allah l’agrée) d’utiliser un secret particulier qu’il accomplissait en présence des frères. Seïdina lui dit (qu’Allah sanctifie son précieux secret) : « Si jamais tu recommences, la relation entre toi et moi sera coupée ». Ce dernier abandonna sur-le-champ cette pratique en dépit du profit qu’il en récoltait auparavant.

Il a été rapporté que Sidi Hajj Moussa (qu’Allah l’agrée) avait un jardin et un jour il trouva une grappe de raisin exceptionnelle par sa taille et sa qualité. Quand il constata cela, il la cacha à l’abri des regards par crainte du « mauvais œil » et couvrit la grappe avec la branche de sa vigne. Il s’occupa lui-même d’arroser le jardin et chaque fois qu’il regardait la qualité exceptionnelle de cette grappe il désirait intérieurement qu’elle soit entre les mains de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret). Malheureusement, ce dernier était à Fès alors que lui se trouvait à Boussemghoune. Pourtant, il ne cessa pas d’éprouver ce désir jusqu’au jour où en entrant dans son jardin, il ne trouva plus la grappe parvenue à maturité et il en fut peiné.

Après quelques jours, certains voyageurs qui revenaient de Fès vinrent trouver notre personnage. Ils lui adressèrent le salut de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et ajoutèrent qu’il lui faisait savoir que le dépôt lui était bien parvenu, que la grappe ne lui avait pas été dérobée comme il le croyait. Sidi Hajj Moussa (qu’Allah l’agrée) s’est réjoui que celle-ci soit arrivée à son maître (qu’Allah sanctifie son précieux secret) de manière miraculeuse et il rendit grâce à Allah.

Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe